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Culture

Fondation CDG
Quand le soufisme s’invite dans l’art

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4853 Le 08/09/2016 | Partager
Six jeunes artistes invités par Najia Mehadji pour sa carte blanche «Sublimation»
L’exposition est à découvrir jusqu’au 31 octobre à Rabat
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Pour sa carte blanche, Najia Mehadji a exposé 3 toiles où contrastent le noir et blanc. «Le geste radical et libre de mes dernières œuvres révèle un diagramme captant un rythme intérieur invisible et pourtant dynamique, sous forme de lignes volumétriques traçant des turbulences aléatoires», souligne l’artiste (Ph. Bziouat)

Après avoir donné sa dernière carte blanche à Amina Benbouchta, l’Espace Expressions CDG fait à nouveau honneur aux dames en accueillant celle de Najia Mehadji. Pour «Sublimation», la peintre a choisi 6 artistes qu’elle affectionne, certains qu’elle a déjà accompagné et d’autres dont elle suit le travail. Ils s’appellent Mustapha Azeroual, Hicham Berrada, Nabil El Makhloufi, Houda Kabbaj, Safaa Mazirh et Younès Rahmoun, et font tous partie de cette nouvelle génération d’artistes contemporains. «Je voulais réunir une nouvelle génération d’artistes qui travaille autour de certaines notions que l’on trouve dans le soufisme. Chacun a fait un travail très singulier autour de la notion de lumière, de lumière intérieure notamment et d’autres concepts que l’on y trouve, comme le cœur, la vague… Ce sont des métaphores qui parle de l’humain dans ce qu’il a de plus positif», explique Najia Mehadji.
«Sublimation» invite le visiteur à s’engager dans plusieurs univers d’artistes qui s’expriment à travers divers médium: la photographie, la vidéo, la peinture et le dessin. Dès l’entrée, le spectateur est saisi par les trois toiles de Najia Mehadji, où contrastent le noir et blanc «qui tente d’unir le charnel et le spirituel, la vie et la mort, l’être et le cosmos, selon une structure de flux qui évoque les plis sensuels d’un drapé ou les vagues ondulatoires de la

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A travers ses photographies, Houda Kabbaj retranscrit son rapport personnel au végétal qu’elle décrit comme intuitif, et dont elle ne peut se détacher. Dans son œuvre, il y a un dialogue constant entre tous les éléments intervenants (Ph. Bziouat)

mer», précise l’artiste. L’espace suivant accueille le travail photographique de deux jeunes artistes, Houda Kabbaj et Safaa Mazirh. Quand la première sublime l’œuvre de Mère nature, la seconde se met en scène en utilisant l’image du derviche tourneur. Pour Houda Kabbaj, «Sublimation» répondait parfaitement à son univers et à son travail. Pour cette exposition, elle réalise des tirages à grande échelle dans lesquels le végétal est omniprésent, et où Mère nature, symbolisée par le corps de la femme, s’invite dans certaines d’entre elles. «C’est souvent à partir d’images mentales que je compose mes associations, mais aussi à travers une spontanéité observatrice. La double exposition permet d’entremêler des éléments de réalités différentes qui se dissolvent les unes dans les autres, utilisant des rapports de lumière», souligne la photographe. Quant à Safaa Mazirh, elle opte pour le langage du corps, notamment la danse mystique ou encore le transe des derviches tourneurs pour s’exprimer autour de la thématique du soufisme. Dans sa série, intitulée «Réenchantement», c’est toute vêtue de blanc sur fond de musique soufie qu’elle réalise sa série d’autoportraits, une série qui ne fait d’ailleurs que commencer. Le choix du lieu n’est pas anodin dans son travail, car elle a opté pour un riad abandonné orné de zelliges, où le sol poussiéreux contraste avec la robe et la partie supérieure blanche de la pièce.

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Nabil El Makhloufi, ici devant ses œuvres, fait partie des artistes dont le travail est déjà en lien avec le soufisme. Ces compositions figuratives s’inscrivent dans les principes de l’école de Leipzig (Ph. Bziouat)

La visite de l’exposition se poursuit avec les œuvres de Mustapha Azeroual. L’artiste présente deux séries photos pour «Sublimation». Le projet Ellios, un triptyque composé de trois points de vue d’une même montagne, posant la question du sujet et de son ambivalence, et le projet «Radiance» qui s’intéresse à l’enregistrement de la couleur en photographie. «Mon travail est une approche analytique de la photographie, où j’analyse les différentes constituantes qui la compose notamment la notion de perception, représentation, enregistrement, temporalité, couleur…». Sa touche personnelle, un procédé disparu, celui de la gomme bichromatée, inventé au milieu du XIXe siècle.
Pour sa part, Nabil El Makhloufi est un artiste dont le soufisme constitue une grande part d’inspiration, dans sa démarche il inclut toujours deux de ses piliers: la connaissance et le mystère. Il expose diverses toiles où la lumière est partie prenante de l’œuvre tout comme la couleur. «Le corps est toujours présent dans mon travail. Je joue sur la dualité présence/absence de celui-ci», indique l’artiste.
L’exposition s’achève en apothéose dans une salle où est projeté «Zahra» de Younès Rahmoun, un film d’animation diffusé en boucle au cours duquel 77 fleurs apparaissent sur un fond blanc se succédant les unes aux autres. Seul lien entre ces fleurs, la graine rouge qui ne disparaît jamais. L’artiste multidisciplinaire, l’un des plus importants de sa génération, expose aussi un dessin «Maison en lumière». Une autre vidéo fascinante est projetée dans cette même salle, «Un serpent dans le ciel» de Hicham Berrada. «Ma démarche de travail consiste à mobiliser des phénomènes régis par des lois naturelles, en contrôlant leurs conditions d’apparition. Je me définis donc comme un passeur, un régisseur d’énergie car mon travail s’inscrit dans des processus déjà établis que je ne peux que déclencher et moduler», indique-t-il. En effet, dans son œuvre exposée, Hicham met à nouveau ce processus en lumière en lâchant dans le ciel un ballon d’hélium soulevant un fumigène artisanal dessinant un serpent dans le ciel!

 

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