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Régions

Casablanca: Que se passe-t-il au marché de gros?

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4853 Le 08/09/2016 | Partager
Un nième appel à la grève à la veille de Aïd Al Adha
Taux de participation mitigé
Toujours les mêmes revendications depuis des décennies
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Malgré la présence des grévistes, l’activité semble suivre son cours au marché de gros des fruits et légumes de Casablanca. Près de 800 véhicules ont transité par le marché mercredi 7 septembre, selon son directeur, Mohamed El Maâroufi (Ph Jarfi)

Grève ou pas grève?  La situation du marché de gros des fruits et légumes de Casablanca est pour le moins ambiguë. L’Union des syndicats professionnels au Maroc vient de lancer, à la veille de Aïd El Kébir, un appel à la grève pour 48 heures  (7 et 8 septembre). Un timing bien choisi qui risque de perturber l’approvisionnement de la métropole en fruits et légumes. «Le mouvement de grève a été suivi de 40 à 80% selon les secteurs du marché de gros», indique Saïd Faham, trésorier du bureau régional des commerçants et employés du marché de gros, affilié à l’Union des syndicats professionnels. Pourtant, sur place, les activités semblent suivre leur cours habituel, mais à un rythme ralenti, selon divers témoignages. Certes, certains carrés et magasins sont fermés, mais d’autres continuent à travailler normalement.
Contactés par L’Economiste, les grévistes confirment  notamment le désordre ambiant, l’absence de dialogue avec les responsables du marché, les surcoûts liés aux taxes locales (6 à 7%), l’insalubrité, l’insécurité… Bref, la liste des griefs est la même depuis des décennies, selon les termes d’un commerçant. «Je paie 1.000 à 1.500 de taxes quotidiennement. En contrepartie je n’ai même pas droit à une attestation de travail, pas de retraite, ni de CNSS…», témoigne cet autre grossiste. Celui-ci a un statut d’exploitant provisoire et non de locataire (comme c’est le cas pour tous les grossistes). Les professionnels veulent passer à un système transparent  avec un contrat de location en bonne et due forme. «Le montant du loyer est renchéri chaque année de 5% sans pour autant qu’on puisse bénéficier du statut de locataire», poursuit ce même commerçant. Les professionnels appellent aussi à l’adoption d’un horaire officiel d’ouverture et l’instauration d’un jour férié hebdomadaire. «Nous travaillons 7j/7 et 24h/24, car les dirigeants du marché n’ont qu’un seul souci, celui de fructifier les recettes coûte que coûte», déplore Saïd Frrikane, grossiste.  
Autre son de cloche du côté de l’administration: «Nous avons reçu aujourd’hui 800 camions, soit un peu plus que la moyenne quotidienne qui est de 750 véhicules», souligne Mohamed El Maârouf, directeur du marché de gros. Pour ce dirigeant, les grévistes, une vingtaine de gros intermédiaires, «ne représentent qu’eux-mêmes et défendent leurs propres intérêts». De plus, l’argument du surcoût lié aux taxes locales est réfutable, selon le responsable. «Ces taxes sont les mêmes depuis 8 ans. Elles sont fixées par un arrêté fiscal datant de 2008», poursuit-il. Ce dernier rappelle qu’un programme d’urgence pour la réhabilitation du marché a été enclenché, depuis l’entrée en service de la SDL Casa Prestation (il y a pratiquement un an et demi).  En effet, une soixantaine de caméras de surveillance sont installées et reliées à une tour de contrôle qui fonctionne 24h/24. Plus de 220 couvercles de caniveaux volés ont été replacés. Sans oublier le renforcement de la sécurité avec une présence accrue des éléments des forces de l’ordre et des autorités locales, est-il indiqué.
Toutefois, ces efforts sont visiblement insuffisants du point de vue des professionnels.
Quoi qu’il en soit, Casa Prestation a fort à faire au-delà des considérations purement financières. Car il ne s’agit pas uniquement d’augmenter les recettes de la ville, mais aussi et surtout d’organiser un secteur chaotique, où la multiplicité des intervenants se traduit par des tarifs de plus en plus exorbitants au bout de la chaîne. Et bien évidemment, c’est le consommateur final qui en paie le prix.

Ce que rapporte le marché

Gérer un marché de plus de 34 hectares, où transitent quotidiennement 800 camions et près de 30.000 personnes, n’est pas une mince affaire. Entre grèves, malversations et cumul des arriérés, le marché de gros a besoin aujourd’hui d’une réorganisation totale. D’autant plus qu’il s’agit de l’une des principales sources de revenus de la commune. En effet, les 130 millions de DH qu’il génère annuellement représentent environ 40% de l’ensemble des recettes d’équipements du Conseil de la ville. Mais ces revenus, qui régressent au fil des ans, se sont établis à peine à un peu plus de 115 millions de DH en 2014, soit une baisse de près de 5 millions de DH par rapport à l’exercice précédent. De plus, le montant des transactions de vente et d’achat des fruits et légumes s’est établi à plus de 1,8 milliard de DH, en baisse de 3,16% (57,7 millions de DH) par rapport à 2013. En termes de volumes, plus de 506.211 tonnes de fruits et 691.530 tonnes de légumes ont transité par le marché de gros en 2014.

 

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