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Analyse

Légumineuses, le parent pauvre du secteur agricole

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:4852 Le 07/09/2016 | Partager
En 50 ans, la production a chuté de 28%, avec près de 3,5 millions de quintaux
Sécheresse, manque de compétitivité, absence d’organisation des professionnels… Les contraintes
Des pistes pour relancer la filière
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La production des cinq dernières années confirme le faible niveau du rendement de la filière des légumineuses  avec une moyenne de 8 quintaux par ha

Au début des années 1960, le Maroc figurait parmi les premiers exportateurs des légumineuses, notamment pour les lentilles et les pois chiches avec un volume dépassant 1 million de quintaux. Actuellement, la situation est complètement inversée suite aux fluctuations au niveau de la production. Ainsi, la moyenne de la récolte durant le début des années  1970 dépassait les 4,5 millions  de quintaux pour chuter à près de 3,5 millions de quintaux  durant la campagne agricole 2014-2015. Le recul de la filière s’explique par plusieurs  handicaps dont certains ont été analysés par une étude réalisée  par les chercheurs de l’INRA portant sur la chaîne de valeur des légumineuses. L’ouverture du Maroc sur les marchés extérieurs à travers notamment les accords de libre-échange (ALE) a dévoilé la faible compétitivité de notre secteur des légumineuses. Jusqu’à présent, cette culture est pratiquée d’une manière traditionnelle dans des champs de petites superficies. Ce qui empêche de profiter des avantages de l’économie d’échelle, notamment en termes de rendement. Au niveau de la conduite des cultures, les résultats de l’enquête de l’INRA montrent que les mêmes techniques culturales sont appliquées depuis les années 1980. Ce qui a impacté négativement sur les rendements  et par conséquent sur la compétitivité de la filière, signale Abdelouahad Al Balghitti, chef du département Economie et Sociologie rurale à l'INRA. Depuis des années, le niveau des rendements de la filière est aux alentours  de 8 quintaux par hectare. Ce faible niveau s’explique en partie par un retard patent au niveau  de la mécanisation de la culture des légumineuses qui exige la mobilisation de beaucoup de main-d’œuvre. Parmi les limites relevées par l’enquête de l’INRA, figure la très faible utilisation des semences certifiées des légumineuses alimentaires. Sur ce volet, l’on signale que les opérations «semis et récolte» représentent plus de 60% du coût total de la production. L’étude s’arrête également sur  l’intégration limitée des exploitations agricoles pratiquant les légumineuses alimentaires  au marché, ce qui favorise la régulation de l’offre et de la demande par les importations. Selon l’INRA, cette situation s’est traduite par de faibles performances économiques de ces cultures. La part de contribution des légumineuses dans le revenu des agricultures est estimée en moyenne à 23%. D’autres problèmes sont également soulevés au niveau de l’aval de la filière. Sur ce volet, l’on rappelle que «la chaîne de valeur des légumineuses est très fragmentée en amont, diminuant ainsi la visibilité pour les industriels, les commerçants et les producteurs eux-mêmes». Dans le même registre, l’on relève l’absence d’organisations représentant  les différents collèges des professionnels de la filière. Une situation qui affecte considérablement les performances  et la rentabilité, et par conséquent la compétitivité. Autre contrainte exogène qui pèse lourd sur la performance de la filière: la sécheresse, devenue une problématique structurelle du système agricole de manière générale. L’impact de ce phénomène est très significatif pour la culture des légumineuses qui se pratique en majorité en zones bour dont les récoltes dépendent de la clémence du ciel.
L’étude réalisée par l’INRA s’inscrit  dans le cadre de l’Initiative maroco-indienne pour le développement des légumineuses alimentaires (IMILA), lancée en 2013. Elle  vise notamment l’augmentation de la production de ces cultures par les petits agriculteurs pour le renforcement de la sécurité alimentaire.

Contrat-programme

Pour permettre le développement de cette filière dans le cadre du plan Maroc Vert, il faut tout d’abord procéder  à son organisation sur  les différents niveaux pour préparer le terrain à l’élaboration d’un contrat-programme. Les experts recommandent un certain nombre d’axes d’intervention. A commencer par l’encouragement de l’agrégation dans les zones à fort potentiel et le renforcement des programmes de recherche. Il faut aussi promouvoir la multiplication et  l’utilisation des semences certifiées. Au menu également, le renforcement des capacités techniques et managériales des acteurs sans oublier la promotion des activités de valorisation (conditionnement, emballage, agro-industrie et innovation en matière des produits dérivés).

 

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