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Législatives 2016

Kabbaj, le candidat PJD qui fait peur

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4850 Le 05/09/2016 | Partager
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Le candidat Hammad Kabbaj qui a provoqué une levée de boucliers sur les réseaux sociaux et qui se dit salafiste patriotique rêvait dans sa jeunesse de devenir pilote. Suite à un accident de la route, il est devenu prédicateur même s’il a passé sa scolarité primaire chez les bonnes sœurs (Ph. Mokhtari)

Hammad Kabbaj est devenu un fervent militant  depuis le printemps arabe et la Constitution qui ouvrait à tous les portes de l’exercice politique. Mis en avant par le PJD qui le présente pour la circonscription du Guéliz à Marrakech, Hammad Kabbaj, âgé de 39 ans, répond aux questions qui fâchent. Son idéologie salafiste, ses positions antisémites et son lien avec Cheikh Maghraoui, connu pour encourager le mariage des mineures. Entretien avec celui qui a provoqué une levée de boucliers sur les réseaux sociaux.
 
- L’Economiste: Pourquoi après tant d’années de travail et de prêche, vous entrez dans l’arène parlementaire? Et pourquoi le PJD?
- Hammad Kabbaj: J’ai démarré la politique en 2011 pendant le printemps arabe. Il  était presque naturel que je me rapproche du PJD que j’admire en tant que parti qui a réussi. Et pour vous répondre directement, c’est le SG du parti Abdelilah Benkirane qui m’a proposé l’idée de la candidature que j’ai accepté.  

- Au cas où vous êtes élu au scrutin d’octobre, quel sera votre programme et vos priorités?
- Mon programme sera celui de mon parti, mais si je devais avoir une priorité, c’est bien entendu la situation des handicapés et des personnes à mobilité restreinte. Au Maroc et à Marrakech particulièrement, la réalité du quotidien des personnes handicapées est désolante. Elles sont condamnées au sein de leur maison, privées des droits les plus élémentaires tels que l’éducation, l’emploi, et la santé parce qu’elles n’ont tout simplement pas les moyens de s’offrir une chaise roulante. Ne parlons même pas de leur intégration dans la société.  

- Justement, vous êtes vous-même tétraplégique depuis 1993 suite à un accident de voiture. Vous donnez des cours de théologie, d’histoire, vous donnez des conférences, vous êtes très actif dans les milieux associatifs et sur les réseaux sociaux… Quelles sont vos ressources financières? Comment financerez-vous votre campagne?
- Pour le financement de ma campagne, c’est le parti qui s’en chargera. Pour le reste, que ce soit clair, je ne suis pas payé ni pour mes conférences ni pour mon travail dans les milieux associatifs. A l’exception de quelques primes obtenues pour mon parcours ou pour mes livres, mes principales ressources financières sont familiales. Je suis issu d’une famille de notables et j’ai toujours été soutenu par ma mère notamment.  
- Revenons à vos convictions. On vous apparente au mouvement dit salafiste. Quelle branche défendez-vous?
- Je voudrais d’abord préciser qu’il existe une confusion entre ce qui est religieux et ce qui est politique. Personnellement, je m’estime appartenir au salafisme national et patriotique marocain, né du temps du Protectorat. Ce qui a distingué ces salafistes patriotiques, ce sont surtout leurs actions et leurs positions, comme feu Mohamed Belarbi El Alaoui, l’un des leaders nationalistes, mais surtout un des ténors du salafisme marocain. Personnellement, ce sont ces hommes-là qui m’inspirent.
 
- Qu’en est-il de vos relations avec Cheikh Mohammed Maghraoui?
- Mohammed Maghraoui est un alem du Maroc, que j’ai connu lorsque je souhaitais apprendre le Coran. Mais, toute relation a un point de rencontre et un autre de séparation. Si nous ne sommes pas toujours d’accord sur des jugements théologiques comme celui du mariage des mineurs, je garde d’excellents rapports avec cet homme.  
 
- Vous êtes plutôt connu pour des avis assez tranchés sur les libertés individuelles...?
- Les libertés individuelles sont instaurées par un droit constitutionnel. La Constitution étant notre texte de référence pour exercer la politique. Je ne peux donc qu’être pour le principe de libertés individuelles, sans soutenir pour autant une liberté sans limite. Personnellement, je ne considère pas que l’appel à la révision de l’héritage fasse partie des libertés individuelles. Pareil pour l’homosexualité. Ce sont là des points de discordes infimes…

- La Constitution instaure pourtant l’égalité homme-femme avec les mêmes droits. L’égalité dans l’héritage pour les femmes n’est-elle pas un droit économique?
- Si c’était un droit, je l’aurais soutenu. Je ne pense pas que l’égalité entre l’homme et la femme sur la question d’héritage soit un droit. Dieu a instauré l’héritage sur des bases équilibrées car en plus de l’héritage, la femme a le droit à la nafaka. Pour moi, ces deux acquis sont complémentaires.  
 
- Quelle est votre position par rapport à la ville de Marrakech qui est orientée tourisme, festivals, dancings?
- La meilleure des réponses est  la pratique. La ville est dirigée par le PJD et il n’y a pas eu de chasse aux sorcières, ni dancings fermés ni restriction. La pratique politique est un contrat  entre élu et population et on ne peut imposer nos idéaux religieux là dedans. Même en tant que prédicateur, je ne pourrais pas l’imposer.
- Votre candidature suscite de vivepolémiques… que diriez-vous à ceux  qui vous qualifient d’antisémite?
- Que l’on m’accuse d’antisémitisme est une hérésie. Je suis réellement  triste de voir que pour des raisons de manipulations politiques évidentes, un journaliste puisse jouer ce jeu dangereux. Si j’étais antisémite, je n’aurais jamais pu devenir membre d’ONG internationales de coexistence religieuse parmi des savants chrétiens, musulmans et juifs. En revanche, je ne serais jamais d’accord avec les sionistes radicalistes et encore moins avec les musulmans radicalistes. Toute cette agitation autour de ma candidature est probablement due à une méconnaissance de ma personne. A leurs yeux, je porte une barbe, je suis salafiste et donc je représente un danger.

Propos recueillis par
Badra BERRISSOULE

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