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Législatives 2016

Ce que cachent les nouveaux recrutements du PJD

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4850 Le 05/09/2016 | Partager
Le parti mise sur des «valeurs sûres», reproduisant la recette classique des «notables locaux»
La lutte contre l’hégémonie, «tahakkoum», un slogan pour éluder «la faiblesse du bilan»
L’idéologie ayant été mise à mal, la stratégie est plus défensive
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Dans la course électorale, Abdelilah Benkirane fait de la «realpolitik». Un pragmatisme qui explique le changement de tactique dans le choix des candidats du PJD, en optant pour des profils hors du parti, mais ayant une base électorale locale (Ph. Bziouat)

Décidément le PJD change de tactique à l’approche des élections. Le parti de Abdelilah Benkirane semble avoir coupé avec une doctrine voulant que les candidats soient issus du parti, choisis au terme d’une procédure en trois étapes. Pour le prochain scrutin, ses dirigeants ont fait preuve de pragmatisme. Pour mettre toutes les chances de son côté, l’état-major du PJD a préféré miser sur des «valeurs sûres». Une pratique similaire à «l’accréditation accordée par certaines formations à des notables locaux, ayant les plus fortes chances de rafler le maximum de voix dans leurs circonscriptions». Les profils choisis par le secrétariat général du parti, ayant le dernier mot en termes de candidatures, répondent à cette logique de «realpolitik». Pour faire face au PAM dans son fief d’Al Hoceima, Benkirane a misé sur Najib El Ouazzani, patron du parti El Ahd, disposant d’une grande popularité dans la région. Une candidature qui a surpris plus d’un. Surtout que les orientations idéologiques des deux formations  sont loin d’être compatibles. Sauf que cela ne semble pas déranger les membres du PJD, qui ont soutenu ce choix. Najib El Ouazzani a estimé que sa désignation en tant que tête de liste du PJD dans cette ville du Rif est «le résultat d’une coordination au niveau local depuis les dernières élections locales». S’il a noué une alliance au niveau national avec le parti du Renouveau et de l’Equité, il a expliqué que sa candidature au nom du PJD relève d’une «stratégie électorale efficace au niveau de la circonscription d’Al Hoceima». El Ouazzani n’a pas pour autant laissé tomber la formation qu’il dirige. Le pacte noué avec le PJD s’inscrit dans la nouvelle possibilité offerte par les lois organiques sur les partis politiques et sur la Chambre des représentants, permettant de présenter des candidatures communes. Quoi qu’il en soit, le PJD semble amorcer un nouveau virage dans sa tactique électorale. El Ouazzani n’est pas un cas isolé. Plusieurs dirigeants du parti de la lampe expliquent que leur formation a opté pour «des candidatures intelligentes et ouvertes sur les compétences», comme l’a indiqué Mohamed Yatim, membre du secrétariat général. Pareil pour Saâd Dine El Otmani, qui a estimé que «la compétition n’est plus liée aux idéologies mais plutôt sur la défense du choix démocratique». En clair, le PJD a opté pour des profils qui pourraient être décisifs face à son adversaire, le PAM. Surtout que les nouvelles recrues se sont approprié le nouveau slogan de la campagne électorale officieuse du parti, menée déjà depuis quelques mois. El Ouazzani a lié sa candidature sous les couleurs du PJD par son ambition de «lutter contre l’hégémonie exercée par un parti connu». Le concept de «tahakkoum», vulgarisé depuis quelques mois par les Pjdistes. Surtout que le parti n’a pas encore mis en avant les principales dispositions de son programme électoral. Faute d’une véritable offre avec des mesures concrètes et des objectifs chiffrés, le PJD semble articuler sa campagne sur des slogans. Après 5 ans au gouvernement, «la lutte contre la corruption, dont le parti avait fait son cheval de bataille durant la campagne de 2011, n’a plus le même effet mobilisateur», selon un député de l’opposition. Le PJD semble également limité par la faiblesse de son bilan au gouvernement, critiqué par plusieurs formations, dont le PAM, ayant effectué une évaluation des réalisations par rapport aux promesses contenues dans le programme gouvernemental (voir aussi notre édition du 2 septembre). Pour faire face à l’éventualité d’un vote-sanction, ce parti a misé sur des profils bénéficiant d’une large base électorale. C’est notamment le cas pour le prédicateur salafiste Hammad Kabbaj, désigné tête de liste dans la circonscription de Guéliz à Marrakech (voir entretien ci-contre). Au-delà de la polémique suscitée par la candidature de Kabbaj, à cause de ses positions qui ne font pas toujours l’unanimité, il s’agit surtout d’un choix pragmatique. En misant sur ce membre de l’association de l’Appel au Coran et à la Sunna, dirigée par Mohamed El Maghraoui, célèbre par sa fatwa sur le mariage des fillettes de 9 ans, le PJD table sur les voix des salafistes adeptes des deux cheikhs. Du côté du parti de la lampe, «cette candidature est basée sur les éléments en commun, notamment en termes de défense de la démocratie et de la lutte contre l’hégémonie, au-delà des considérations idéologiques», selon Abdelali Hamieddine. Ce dernier a avancé que Kabbaj «va surprendre par sa défense des libertés».

Influence US

Au-delà du PJD, d’autres partis semblent miser sur des personnalités salafistes dans la course électorale. L’Istiqlal aurait tranché dans la candidature de Abdelouahab Rafiki, plus connu sous le patronyme Abou Hafs. Cet ancien détenu salafiste devra représenter le PI dans la circonscription de Fès Sud, l’un des fiefs du parti de la balance. Si pour des formations comme le PJD, l’on explique l’intégration de ses nouvelles recrues par «la volonté de favoriser l’implication de cette catégorie dans l’action politique», d’autres voient d’un mauvais œil cette orientation, qui serait liée à «une influence américaine», selon plusieurs observateurs. Driss Lachgar, premier secrétaire de l’USFP, a remis en cause cette tendance, refusant que son «parti soit un laboratoire d’essais pour des formules dictées par certaines puissances».

 

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