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Régions

Réchauffement climatique
Premiers signes de perturbation sur le palmier dattier

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4850 Le 05/09/2016 | Partager
Augmentation des jours chauds dans les zones oasiennes à l’horizon 2021-2050
Le cycle gestatif du palmier dattier a avancé de 40 jours de sa période normale
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Le système oasien est tellement fragilisé qu’il est très difficile de pouvoir rétablir l’équilibre (Ph. SB)

Les zones oasiennes subissent inévitablement les conséquences du réchauffement climatique. Les premiers effets ont commencé il y a quelques années avec l’apparition d’anomalies dans les cycles naturels du palmier dattier dans les zones oasiennes du Maroc. Il est connu que la température élevée, une absence presque totale des pluies et un degré hygrométrique faible, sont des facteurs limitant de la culture du palmier dattier. Or, plusieurs observations sur le terrain ont mis en évidence un déséquilibre dans le cycle du palmier dattier. «Pour certaines variétés de Boufeggouss dans la région de Zagora, l’on a constaté des régimes plus longs que la normale, où il y a eu réussite partielle et parfois échec total de fécondation après la pollinisation», observe Ahmed Besbes, conseiller mobile du projet de développement des filières Safran et du palmier dattier dans la région du Souss Massa Drâa. Dans l’oasis de Tafilalet, plusieurs observations ont relevé que le cycle gestatif du palmier dattier a avancé de 40 jours de sa période normale. Ainsi, le palmier dattier est directement touché par ce changement climatique, puisque son cycle est lié directement à la température et au nombre de jours chauds. Dans une étude réalisée récemment par la Direction nationale de la météorologie, les projections du changement climatique sur la période 2021-2050 dans les zones oasiennes prévoient une prolongation des jours de chaleurs estivales. Il s’agit d’une élaboration des scénarios climatiques futurs avec évaluation des changements, faite à la fois en termes de climat moyen et d’événements extrêmes de précipitations et températures. Ces derniers comportent les fortes précipitations, sécheresses, jours chauds et jours frais et des vagues de chaleur et de froid. Le réchauffement saisonnier et annuel projeté se situe entre 1 et 2,2 °C. Il y aura une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleurs estivales de 15 à 25 jours, face à une diminution du nombre de jours de vagues de froid hivernales de 2 à 4 jours. Les projections estiment qu’il y aura une augmentation du nombre annuel moyen de jours chauds et très chauds estivaux respectivement de 2 à 6 jours pour Zagora et Tata, de 2 à 10 jours pour Ouarzazate et de 2 à 10 jours pour Errachidia. La période maximale de sécheresse s’allongerait en moyenne d’environ 2 à 4 jours. L’élévation de températures, plus accentuée en été, varierait entre 1 et 3,2 °C.
Le réchauffement se manifesterait aussi par une diminution du nombre de jours frais hivernaux et par une augmentation du nombre de jours très chauds et de jours de vagues de chaleurs estivales. Pour ce qui est de la pluviométrie, l’étude conclut qu’il y aura une baisse des cumuls pluviométriques hivernaux généralisée à toute la zone oasienne, associée à une diminution du nombre de jours humides et d’événements de fortes précipitations. Ouarzazate et Errachidia présenteront des baisses significatives de pluviométrie. Les prévisions estiment une baisse de l’ordre de 5 à 40% de précipitations pour la plupart des provinces oasiennes. Les cumuls pluviométriques de l’hiver diminuent sur l’ensemble de la zone oasienne. Ainsi, la baisse des cumuls pluviométriques de l’hiver est estimée entre 10 et 30% pour les provinces de Tata et Ouarzazate et -20 à -40% pour les provinces de Zagora et Errachidia. D’un autre côté, il y a diminution du nombre de jours humides de -10 à -20% à Er-rachidia et Ouarzazate et de -10 à -30% à Zagora et Tata. En somme, en termes thermiques, la zone oasienne se réchaufferait toutes les saisons.
Ce phénomène a des conséquences lourdes sur la culture du palmier dattier, mais aussi et surtout sur la population directement impactée. «Bien que ce phénomène de perturbation du cycle des palmiers soit déjà observé auparavant, selon les anciens habitants des oasis, le système oasien est tellement fragilisé aujourd’hui qu’il est très difficile de pouvoir rétablir l’équilibre», note Lahcen Kabiri, professeur chercheur à la Faculté des sciences et technologies d’Errachidia et responsable du département géoscience de l’environnement. S’il n’y a plus de revenus, c’est tout le système oasien qui risque d’être bouleversé. L’agriculteur n’a pas le choix que de cultiver des variétés comme la pastèque qui épuise la nappe phréatique mais dont le revenu est sûr, ou d’abandonner sa terre pour aller en ville.

Un arbre de plus en plus fragilisé

Un déséquilibre dans le nombre de jours chauds impacte sur la maturation des dattes et sur la période de floraison. Raison pour laquelle les palmiers dattiers des palmeraies de Marrakech par exemple ne donnent pas de dattes matures. La pollinisation a lieu à un moment précis de l’année, où coïncide la floraison mâle et femelle. Il faut savoir que le palmier dattier est une plante dioïque: les fleurs mâles et les fleurs femelles poussent sur des plants différents. Dans les conditions naturelles, la fécondation se réalise par le vent et les abeilles. Les pratiques de la phoeniciculture moderne font appel à la fécondation artificielle qui consiste à procéder à la pollinisation manuelle des fleurs femelles par les fleurs mâles. Technique qui n’est pas encore maîtrisée par plusieurs agriculteurs.

De notre correspondante,
Sabrina BELHOUARI

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