×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

International

Les perspectives économiques mondiales se dégradent

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4850 Le 05/09/2016 | Partager
Une croissance de 2,4% en 2016 et 2,7% en 2017
2% cette année, 4,5% l'année prochaine pour le Maroc
Les défaillances d’entreprises devraient croître
euler_hermes_050.jpg

La croissance mondiale devrait ralentir en 2016 et atteindre son niveau le plus faible depuis 2009. Près de 68% du PIB mondial devrait connaître un ralentissement cette année, selon les prévisions

Peur d’un atterrissage brutal de la Chine, chute des prix du pétrole relative à la décision de l’OPEP de conserver à tout prix ses parts de marché, premiers effets du Brexit … Plusieurs chocs ont affecté l’économie mondiale au cours des derniers trimestres. Résultat: «la croissance mondiale ralentit», constate Euler Hermes dans son dernier rapport intitulé «La croissance, à quel prix?». Selon le spécialiste de l’assurance-crédit, l’économie mondiale ne devrait croître que de 2,4% en 2016, soit son plus bas niveau depuis la crise de 2009. En 2017, pour la sixième année consécutive, elle restera de nouveau modérée, à 2,7%. Au Moyen-Orient, la croissance s’essoufflera aussi avec 2,1% en 2016 contre 2,6% en 2015. Euler Hermes prévoit une faible croissance du PIB pour le Maroc cette année avec 2%. Le HCP prévoit 1,2% en 2016.
Plusieurs chocs continuent d’affecter l’économie mondiale. Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes, cite entre autres, les «difficultés rencontrées par le secteur bancaire italien, la situation actuelle en Turquie après la tentative de coup d’Etat et les élections américaines». Le constat de Euler Hermes rejoint celui du FMI, pour qui 2016 sera la cinquième année d’affilée où la croissance du PIB aura été inférieure à sa moyenne à long terme de 3,7% (1990-2007). Et 2017 pourrait bien être la sixième. Pour Christine Lagarde, directrice générale du FMI, nombreux sont ceux qui souffrent encore des séquelles de la crise, telles que «le surendettement des secteurs public et privé et le déséquilibre des bilans des institutions financières». Il en résulte une demande obstinément faible. La faiblesse de la demande pèse aussi sur les échanges commerciaux, ce qui s’ajoute à la progression décevante de la productivité.
En période d’incertitudes, les investisseurs recherchent des opportunités d’investissements sûres, et les ménages et les entreprises misent sur l’épargne, précise de son côté Euler Hermes. Au fait, la faiblesse des prix et des taux d’intérêts ne les incitera pas à diversifier leurs investissements ou à accroître leur consommation. Cela pose un grand nombre de problèmes à l’économie mondiale!
Si une période prolongée de baisse des prix du pétrole semble propice à la croissance, l’interminable recul des prix à la production peut constituer un frein à l’économie mondiale. La faiblesse des prix pèse d’ailleurs sur les chiffres d’affaires.
Si la croissance du commerce international en volume est attendue à +2,2% en 2016, il devrait se contracter de -2% en valeur, le redressement des volumes ne s’accompagnant pas d’une hausse des prix. Dans ce contexte, la progression des chiffres d’affaires des entreprises demeure limitée. Dans la zone euro par exemple, après avoir atteint +0,8% en 2015, elle ne devrait s’établir qu’à +1,2% en 2016.

Les défaillances de retour

La «croissance sans prix» fait à la fois des gagnants et des perdants. Les exportateurs, les producteurs de matières premières et les épargnants sont moins bien rémunérés. En revanche, les consommateurs, les importateurs et ceux qui recourent au crédit profitent pleinement de la faiblesse des prix et des taux d’intérêts. Plus généralement, certaines entreprises sont très affectées par cette situation. Pour la première fois depuis 2009, les défaillances d’entreprises à l’échelle mondiale devraient augmenter de 1% en 2016 et en 2017, prédit Euler Hermes. Le haut niveau de la dette publique et des entreprises joue un rôle central dans de nombreux pays. La Chine est particulièrement concernée, mais plusieurs autres pays ressentent toujours les effets du choc monétaire et de richesse survenu l’an passé. Les devises de nombre d’économies se sont fortement dépréciées face au dollar américain, ce qui a affecté leurs finances publiques, ainsi que les entreprises de ces pays. Le deuxième facteur qui explique la prévision à la hausse des défaillances, c’est l’inversion des moteurs de croissance.
Cette année, en mettant l’accent sur l’impact des délais de paiement par taille d’entreprises, l’enquête réalisée par le groupe Intrum Justitia témoigne aussi de l’exposition et de la fragilité des 20 millions de PME européennes face au risque financier. Près de 34% d’entre elles déclarent qu’elles auraient pu embaucher du personnel si elles avaient été réglées plus rapidement (24% des grandes entreprises) et 41% affirment que les impayés compromettent leur développement (30% des grandes entreprises). Ce constat est d’autant plus révélateur que la croissance future de l’Europe dépend en partie des PME.

Près de 7 trillions de dollars de trésorerie

La répétition des chocs n’a pas laissé de place à une reprise globale de l’investissement. Dans ce contexte, la croissance des profits dans les pays développés a incité les entreprises de ces derniers à accumuler une trésorerie très importante. Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes note que « les entreprises ont accumulé près de 7 trillions de dollars de trésorerie ces dernières années». C’est un montant très important qui témoigne à la fois de leur frilosité à court-terme, mais «qui constitue un trésor de guerre qui pourra être dépensé lorsque l’incertitude économique aura suffisamment diminué».

Avis d'expert

stephane_colliac_050.jpg

Stéphane Colliac, économiste senior pour la France et l’Afrique chez Euler Hermes (Ph. Euler Hermes)

«Le Maroc est un îlot de stabilité, dont l’économie est restée à l’écart des aléas qui ont affecté les autres pays de sa zone géographique. L’instabilité de sa croissance s’explique entièrement par la volatilité de la production agricole, qui a été affectée cette année par la sécheresse. Ainsi, la croissance marocaine ne devrait pas dépasser 2% en 2016. Par contre, un rebond à 4,5% en 2017 est tout à fait envisageable, car la croissance marocaine repose sur des bases solides. Le déficit courant, qui a presque disparu (-10% du PIB en 2012; -1% du PIB en 2016) et le soutien du FMI sont autant d’atouts, qui viennent s’ajouter au statut de hub pour commercer et investir en Afrique, qui est un point fort structurel du Maroc.»

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc