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Analyse

Criminalité: Le dernier bilan

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:4844 Le 26/08/2016 | Partager
Les atteintes aux personnes et aux biens en tête
Pas de recul dans les infractions financières
Professions libérales et artisans: Condamnations en hausse de 2002 à 2015
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Les atteintes aux mœurs et l’ivresse publique relèvent des infractions contre la famille et la moralité. Avec 3.010, les premières infractions ont enregistré une baisse significative de 29%  à fin juillet 2016. Une diminution moins notable pour l’ivresse manifeste de 38.240 cas à fin juillet contre près de 40.000 durant la même période en 2015

323.669 crimes et délits comptabilisés de janvier à fin juillet 2016 contre un peu plus de 315.000 durant la même période de l’année dernière. Soit une hausse de 3%. Ces statistiques du ministère de l’Intérieur concernent uniquement les villes (voir p. 3). Elles livrent un constat récurrent. Agressions contre les personnes et atteintes aux biens demeurent les infractions les plus communes en milieu urbain. Elles sont loin devant les infractions à l’ordre public, à la famille et la moralité, aux infractions économiques et financières (voir illustration).  La prédominance des atteintes aux biens et aux personnes se confirme aussi lorsqu’il est question des «crimes et délits affectant le sentiment de sécurité chez le citoyen». Par prudence, la Sûreté nationale (DGSN) distingue entre la perception de l’insécurité par le citoyen et l’insécurité qui existe réellement. Vaste débat! D’où la portée politique de ces statistiques où les infractions contre les biens et les personnes représentent 66% sur plus de 120.000 recensés en matière d’homicides, de coups et blessures volontaires, d’enlèvement et séquestration, de violation de domicile, d’atteinte aux mœurs, d’ivresse publique...  
Globalement, les atteintes aux biens enregistrent l’une des progressions annuelles les plus élevées (3%). Le code pénal les classe en plusieurs catégories: vol et extorsion, appropriations illégitimes, atteintes à la propriété immobilière, littéraire et artistique...
En revanche, les infractions contre la famille et la moralité publiques reculent. De quoi donner des ailes aux conservateurs de tous poils en ses temps de campagne électorale. L’avortement, la prostitution ou encore le délaissement des enfants ou incapables font partie des crimes et délits «antimoraux». Leur baisse s’expliquerait peut-être par l’existence d’une mouvance de plus en plus permissive en matière de liberté individuelle. Pour preuve, le débat sur la réforme d’une dépénalisation presque totale de l’avortement. Les infractions contre la sécurité et l’ordre public accusent également une baisse. De 20%, elle est la plus notable: 1.618 affaires de janvier à fin juillet 2016. Par contre la quasi-majorité des infractions ont des indicateurs relativement positifs. C’est le cas en matière de délinquance financière.
Un peu plus de 33.000 affaires à fin juillet 2016. Le ministère de l’Intérieur ne précise pas leur nature. Mais l’on devine qu’il s’agit notamment de l’indétrônable émission de chèques en bois, de l’escroquerie et d’abus de confiance. Auxquels il faudra ajouter le faux et usage de faux qui fait cette fois-ci l’objet d’une rubrique distincte dans les données du ministère de la Justice et des libertés: faux en écriture privée ou de commerce, faux en écriture publique et authentique... (cf. L’Economiste du 11 août 2015). La DGSN compte depuis belle lurette une brigade anti-criminalité financière. Des Chambres spécialisées existent aussi au sein des Cours d’appel de Casablanca et de Fès notamment. Vu le contexte géopolitique, ce n’est pas un hasard si le financement du terrorisme et le blanchiment des capitaux sont lourdement réprimés par la loi n°43-05. La création du Bureau central d’investigation judiciaire va aussi dans ce sens.  
Ces mesures ne devront pas nous faire oublier l’essentiel. Communiquer sur des chiffres, c’est bien. Les exploiter pour agir, c’est encore mieux. D’où l’intérêt de les recouper avec ceux de l’Administration pénitentiaire. Ses données 2002-2015 sont inquiétantes. La population carcérale vit «des changements importants». Les petites peines de prison (six mois à 2 ans) ont connu la progression la plus fulgurante depuis 2002.
La répartition des détenus par type de profession donne des sueurs froides. Professions libérales et artisan sont de plus en plus condamnés par la Justice. Ils ont battu des records depuis ces 15 dernières années: plus de 100% de hausse pour les premiers et 51% chez les seconds. Ce sont par contre les chômeurs et les agriculteurs qui créent la grande surprise. Ils sont de moins en moins présents dans les prisons. Et les personnes mariées ne semblent pas vraiment s’assagir. Ils ont plus de démêlés avec la justice que les célibataires.

 

 

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