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    Analyse

    Nord/Tourisme
    Le balnéaire, un produit en roue libre

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:4837 Le 17/08/2016 | Partager
    La région noyée par l’afflux massif de touristes
    Le tourisme national, allié indéfectible, manque d’infrastructures adaptées
    Le secteur informel, principal bénéficiaire
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    Les villes côtières du Nord sont prises d’assaut chaque été par les touristes nationaux avec une nette préférence pour les plages de Martil et de Mdiq. Le touriste local reste roi, même si celui d’affaires commence à peser sur la balance (Ph. Adam)

    Au Nord, nul besoin d’un plan de développement touristique pour vendre le balnéaire, il se vend tout seul. La région est même dépassée, chaque année, un peu plus par l’afflux massif d’estivants des quatre coins du royaume. Des touristes nationaux, les MRE, peu ou prou d’étrangers en été. Si le Nord s’enorgueillit de ses plages, il ne peut pas en faire autant avec la faible capacité litière disponible actuellement. L’offre en chambres et lits commence à s’étoffer sur la côte avec des géants hôteliers qui s’y sont installés (ou qui comptent bientôt le faire), comme le Hilton à Tanger ou le Sofitel à Mdiq, mais une offre adaptée pour le tourisme national, celui qui constitue l’essentiel de la demande en été, se fait nettement attendre.
    En été, les plages de la région ne désemplissent pas, comme on peut le constater en faisant un tour le long de la côte tétouanaise, preuve que la demande est là. Jebha, Oued Laou, Amsa, Martil, Cabo Negro et Mdiq, des côtes bondées qui se déroulent à perte de vue. C’est que le capital-estime du Nord est très important pour les nationaux. Pour certains, les plages de sable fin, le caractère plus calme et tempéré ainsi que la tiédeur des eaux de la Méditerranée, y sont pour quelque chose. Si on y ajoute le caractère shopping des marchés de Fnideq, Tétouan et de Tanger et la possibilité de passer à Sebta augmentent considérablement l’attrait de cette destination. Mais l’absence de produit adapté ne permet pas de profiter pleinement de cette aubaine qu’est le tourisme national, une lacune qu’aggrave le manque d’animations, limitées à quelques soirées, fruit de l’initiative d’opérateurs privés.
    Lors des dernières années, le visiteur national a montré être un partenaire fiable et indéfectible du secteur touristique local. La fréquentation des touristes nationaux se vérifie même en dehors des saisons d’été, lors des vacances scolaires et récemment lors des week-ends. L’amélioration des connexions par voie routière a grandement rapproché les villes du nord du reste du pays, ce qui favorise les déplacements fréquents. D’où le besoin d’infrastructures dédiées comme des appart-hôtels ou des complexes touristiques avec animation intégrée. En l’absence de ces équipements, c’est l’informel qui rafle la mise, avoue-t-on du côté du Conseil régional du tourisme.  
    En effet, les retombées n’arrivent pas aux niveaux escomptés. Selon certains opérateurs touristiques, ces visiteurs passent (en partie) via des canaux informels et ne profitent pas de manière directe au développement du secteur, une tendance que l’on commence à voir même du côté des touristes étrangers. C’est le cas de villes comme Martil ou Mdiq où la location de chambres chez l’habitant ou même celle d’appartements meublés est un commerce florissant qui échappe en grande partie au contrôle tant des autorités touristiques que de celles du fisc. Auparavant, le tintement des clés à l’entrée des villes était le signal permettant la rencontre entre le locataire et le touriste. Aujourd’hui, des sites web ont pris le relais permettant à l’estivant de réserver et de préparer son séjour à l’avance.
    En dehors des types de logement officiel, il est actuellement difficile d’évaluer le nombre de touristes nationaux visitant le Nord. Aucune étude officielle n’a ciblé cette catégorie particulière et chacun y va de sa propre estimation. Certains tablent sur plus d’un million de visiteurs sur l’ensemble de la côte tétouanaise avec autant de nuitées réalisées. Des témoignages parlent même de certains estivants qui auraient passé la nuit à la belle étoile faute de trouver où loger. Des villes comme Martil voient leur population augmenter et même doubler facilement lors de certaines périodes, une surcharge qui pèse grandement sur les infrastructures. Lors des périodes de pointe, un geste simple comme acheter une baguette de pain peut s’avérer un véritable parcours du combattant.

    Le profil du touriste en évolution

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    Depuis quelques années, le profil du touriste moyen à Tanger est en pleine mutation. Si avant, c’était l’Européen en quête de week-ends paisibles qui s’accaparait le sommet du hit-parade, ex-aequo avec le touriste national, aujourd’hui, les profils ont nettement évolué. Le touriste national reste en tête, surtout pendant les périodes des grandes vacances et les week-ends, mais tout le reste de l’année, c’est un autre type de visiteurs qui commence à devenir de plus en plus fréquent. Il s’agit du businessman. Ce dernier est difficile à cerner de manière quantitative, les statistiques actuelles ne permettent pas de le répertorier. Mais selon les opérateurs du secteur, il a commencé à prendre de l’ampleur depuis quelques années avec le développement de l’industrie à Tanger. Le coup de pouce final a été le lancement de l’usine automobile de Renault. Par nationalités, le changement se note aussi.

                                                                          

    Les visiteurs du Moyen-Orient friands de la destination

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    Le nombre des touristes en provenance de la région a considérablement augmenté ces dernières années. Cela se vérifie tout particulièrement pour les touristes d’origine saoudienne. Depuis l’année dernière, Tanger est le lieu de villégiature préféré du Roi Salman d’Arabie Saoudite qui vient y passer ses vacances d’été. Le Roi a son pied-à-terre, un palais construit près de la plage de Jbilat depuis plus d’une vingtaine d’années et il s’y rend quasiment tous les ans, une tradition qu’il n’a pas délaissé depuis son accession au trône saoudien en janvier 2015. Et le monarque ne vient pas seul. Il est accompagné d’une importante cour composée de plus d’un millier de ressortissants saoudiens. Pour leur séjour estival  actuel à Tanger qui dure depuis plus d’un mois, certains estiment à près d’un millier le nombre de chambres d’hôtel réservées pour l’occasion.

     

     

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