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Régions

Fès-Médina
Les associations tirent la sonnette d’alarme

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4833 Le 11/08/2016 | Partager
Transport, parkings, absence de W-C… parmi les doléances
Sécurité, piscines, santé… 30 points soulevés à la veille des élections
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Les clients potentiels boudent la médina. La raison : au manque de parkings s’ajoutent la menace des effondrements, le harcèlement des clients, et l’absence de toilettes publiques. Sur la photo, Kissariat El Kifah, le plus ancien «mall» de la ville bénéficiera bientôt d’une cure de jouvence pour plus de 20 millions de DH (Ph. YSA)

Véritable révélations ou manœuvres politiciennes? A deux mois des législatives, les représentants d’une vingtaine d’associations de commerçants, amicales de quartiers et autres ONG, viennent de dresser un tableau noir de la situation de la médina de Fès. Ils ont tiré à boulets rouges sur les dirigeants de la ville, actuels (PJD) et anciens (PI).
Transport, sécurité, commerce, artisanat, maisons menaçant ruine…sont autant de dossiers qui ont été soulevés lors d’une rencontre tenue dans un hôtel au quartier Oued Zhoune, l’un des principaux accès de l’ancienne médina. «Nous sommes irrités par ces vieux problèmes qu’autorités élues et locales tardent à résoudre depuis 1992», martèle d’emblée un militant associatif. Selon lui, «cette rencontre n’est pas politique…elle est synonyme d’un cri d’alarme qui doit raisonner les responsables locaux et décideurs centraux». Même son de cloche auprès d’un autre commerçant pour qui «la crise bat son plein et les fermetures de magasins se multiplient». La raison: à la prolifération des marchands ambulants s’ajoutent la menace des effondrements, le harcèlement des clients, les problèmes de stationnement, l’absence de toilettes publiques, et le manque de moyens de transport…
En tout, ce sont une trentaine de points qui ont été répertoriés par les organisateurs de cette rencontre qui veulent rencontrer Essaid Zniber, le wali de la région. Pour eux, «ce serait un ultime recours pour essayer de sauver l’image de la médina ternie par l’insécurité, le manque de civisme (les ruelles sont de véritables dépotoirs), les difficultés d’accès, le harcèlement des clients et pis encore, le risque de voir les vieilles bâtisses s’écrouler sur leurs têtes…». Pour ce dernier volet, certains ont dénoncé «la lenteur des travaux de restauration des vieilles bâtisses, ou encore le manque de fonds (80.000 DH/ménage) alloués à la sauvegarde de 12 siècles d’histoire». A noter qu’une enveloppe de 330 millions de DH est dédiée à la réhabilitation de près de 4.000 maisons à Fès. L’opération étant confiée à l’Agence de développement et de réhabilitation de la médina (Ader). Près de la moitié du programme est déjà finalisée.
Pour ce qui est du commerce, la majorité des commerçants n’arrive plus à couvrir leurs charges. Toutes les activités sont concernées (Bonneterie, parfumerie, artisanat, tissu d’ameublement, haute couture et autres). Les représentants des corps de métiers annoncent une importante baisse du chiffre d’affaires. L’une des causes n’est autre que l’émergence des marchands ambulants. Ces derniers sont de plus en plus nombreux et vendent presque les mêmes produits que les magasins. D’où la nécessité d’une véritable réorganisation des marchés. Outre la concurrence déloyale, il y a le problème du manque de parkings surtout à Bab Boujloud et R’cif, portes d’entrées de l’ancienne Médina. En dépit de cette situation, la plupart des clients potentiels sont partis vers des marchés plus accessibles, à Saada, Narjisse, et Montfleuri entre autres. Ainsi, les commerçants de la médina ne reçoivent presque plus de clients. «Pour reconquérir ces derniers, il faut aménager des parkings, déplacer les marchands ambulants, et rouvrir les fontaines et toilettes publiques», propose-t-on. Enfin, pour l’épanouissement de leurs enfants, les représentants des amicales de quartiers ont demandé la construction de maisons de jeunes, piscines municipales et terrains de sports dans le cadre de l’initiative nationale pour le développement humain. En matière de soins, ils ont vivement souhaité la construction d’une maternité. D’autant que la population de la médina est estimée aujourd’hui à près de 200.000 habitants.

Sécurité, un problème économique

L’autre phénomène dont se plaignent les commerçants, artisans et habitants de la médina est celui de la sécurité. Pour certains intervenants, il est nécessaire de maintenir le niveau de vigilance. Car, la médina a longtemps souffert de l’insécurité. «Certes, avec la nomination du nouveau préfet, Essaid Abdelillah, la situation s’est améliorée mais à quel prix et pour quelle durée?», s’interrogent les représentants d’ONG. Rappelons qu’entre 2002 et 2016, Fès a vu défiler neuf préfets de police. Mais aucun d’entre eux n’a eu la recette miracle pour faire chuter le taux de criminalité. Homme de communication, Essaid Abdelillah ne cesse d’informer sur le nombre des personnes arrêtées par ses services depuis sa nomination il y a près d’un mois. Peut-être, sa stratégie vise à contrecarrer la campagne «zéro agression». Toutefois, les chiffres avancés par la préfecture restent très alarmants et montrent tant bien que mal que Fès a un véritable problème sécuritaire mais aussi et surtout économique. Car, la répression n’a jamais été une solution efficace.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

 

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