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    Economie

    Culture du riz
    Le Maroc pourrait-il s’inspirer du Vietnam?

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4833 Le 11/08/2016 | Partager
    Le Gharb réalise un record en termes de rendement pour le riz
    Le PMV vise l’exploitation de 9.000 ha à l’horizon 2020
    Le Marocain consomme 2,2 kg de riz par an… le Vietnamien 70 fois plus
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    Au Maroc, le riz est cultivé dans la région du Gharb où les sols sont pour la plupart lourds et de texture argileuse. Implantée en été, cette culture dépend totalement de l’irrigation. La méthode appliquée est l’irrigation par la submersion. La culture du riz dans la région du Gharb occupe 5.000 ha et produit près de 28.000 tonnes soit environ 6 T/ha

    Entrele Maroc et le Vietnam, les relations ancestrales et de respect mutuel se perpétuent. D’ailleurs, les Marocains sont accueillis à bras ouverts par ce peuple très assidu et dont l’éducation des valeurs de la famille et de la patrie commence dès le plus jeune âge. Au Maroc, chaque année, le stand du Vietnam rempile au Salon international de l’agriculture de Meknès (Siam). Au-delà de cette présence, les deux pays pourraient bien échanger les expériences de leurs rizières. Ce qui profiterait certainement à la région du Gharb qui s’affirme par ses rizières.
    Historiquement, cette zone exploitait 9.000 hectares par an durant les années 1990. En 2000, elle n’en utilisait que 3.500 dans la région du Gharb et 1.000 à Larache. Ceci, alors que le potentiel réel du secteur est de 25.000 hectares, dont 13.000 équipés et opérationnels.
    Conscient de ce que pourrait rapporter cette filière, le ministère de l’Agriculture relance la machine. En 2004, une étude réalisée sur le Gharb a montré que le secteur réalise un chiffre d’affaires de 200 millions de DH, considéré trop faible par rapport au potentiel réel qui était de 600 millions de DH. Quelques années plus tard, le département d’Aziz Akhannouch prend les choses en main. En 2014, la région renoue avec la croissance. Elle s’est spécialisée dans la culture du riz pour laquelle le ministère de l’Agriculture dispose aujourd’hui d’une vision et de moyens pour développer la filière. Parmi les importantes réalisations en 2014 afin d’organiser la filière, la création de la Fédération nationale interprofessionnelle du riz (FNIR) regroupant les différents intervenants professionnels au niveau de ce secteur. Cela a conduit à la conclusion d’un contrat-programme (2015-2020) entre l’Etat et l’interprofession pour la mise à niveau du secteur rizicole avec un budget global de 270 millions de DH, dont 70% sont supportés par l’Etat. Résultat: le rendement réalisé en 2014 avoisine 80 quintaux par ha, chiffre qui dépasse celui enregistré dans les pays spécialisés dans cette production agricole. Il dépasserait même la moyenne européenne. «C’est la seule culture où l’on est mieux loti que la plupart des pays européens et même les Etats-Unis», affirmait un responsable du Syndicat professionnel des riziculteurs. En effet, toutes les conditions sont favorables pour obtenir de bons résultats. De l’avis des professionnels, «le riz pousse mieux sur sol sec». Aussi, le repiquage de plants très jeunes, un espacement plus grand de ceux-ci et, surtout, l’assèchement régulier de la rizière, permet d’accroître les rendements de 20 à 50% avec une économie allant jusqu’à 50% dans l’utilisation d’eau et des gains aussi en matière d’engrais et de pesticides».
    Grâce à cette nouvelle démarche, agriculteurs et industriels tirent leur épingle du jeu. Les réseaux de distribution aussi. Certains agriculteurs de la région ont même réussi la prouesse d’atteindre près de 95 quintaux par ha. Signalons que la superficie cultivée en 2014 s’élevait à 4.450 ha, ce qui représente 89% de l’objectif fixé par le contrat-programme qui vise 9.000 ha en 2020. Aussi la part de la région s’établit-elle à 75% de la production nationale. En dépit de cette performance sur le plan de la production, la commercialisation du riz marocain affronte le problème de la concurrence du riz importé d’Egypte. Notons enfin que grâce au contrat-programme, l’opportunité est offerte à cette filière de monter en gamme et en productivité. A ce niveau, la région du Gharb est déjà dotée de 5 infrastructures agro-industrielles disposant d’une capacité globale de près de 550 tonnes par jour.

                                                                    

    Près de 5.000 hectares cultivés

    Au Maroc, les premières expérimentations sur le riz remontent à 1934 et ont été réalisées dans le Gharb. Elles sont situées entre Kénitra et Sidi Kacem. Ici, les sols hydromorphes qui contiennent l’eau à la surface ne supportent pas d’autres types de cultures. Actuellement, la superficie rizicole est d’environ 5.000 ha, répartie principalement dans le bassin inférieur du Sebou. Du point de vue hydro-agro-environnemental, les rizières sont des agro-écosystèmes qui restent inondés quasiment en permanence durant la période culturale (fin avril à mi-septembre), et sont asséchés le restant de l’année. Si la culture du riz représente une source potentielle de nuisances envers l’environnement (traitements phyto-sanitaires, gestion de l’eau, etc.), les rizières constituent aussi une composante de la mosaïque des habitats locaux en tant que zones humides. Elles sont généralement d’un grand intérêt, permettant à de nombreuses espèces animales de réaliser une partie ou la totalité de leur cycle de vie et procurant à d’autres une nourriture abondante. De ce fait, il existe des interactions entre l’hydro-agro-système de rizières et son environnement. Toutefois, la consommation de riz au Maroc ne dépasse guère les 2,2 kg par an et par habitant. On est loin de celle chiffrée au Vietnam qui est en moyenne de 140 kg.

     

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