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Economie

Langues: L’école reconnaît ses tares

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4826 Le 02/08/2016 | Partager
Faibles en arabe, les élèves n’apprennent pas bien les sciences
Des activités pour renforcer les compétences en arabe au collège
D’autres pour le français, démarrant de la 5e année du primaire au lycée
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L’apprentissage des  langues conditionne le parcours des élèves. Il influence également leur choix d’études supérieures. L’usage du français comme langue d’enseignement à l’université est appréhendé par plus de la moitié des candidats au baccalauréat, selon l’enquête socioéducative réalisée auprès de 5.236 élèves par le Groupe L’Etudiant Marocain

L’école marocaine a fait le choix d’utiliser l’arabe classique comme langue d’enseignement, dès la première année du primaire. Une langue qui, paradoxalement, n’est pas comprise par l’ensemble des élèves. D’autant plus que près de la moitié n’ont pas eu droit à une éducation préscolaire les préparant à la vie scolaire et les familiarisant avec les langues. Cela n’est pas sans conséquence sur leurs performances futures. Une étude de l’Agence américaine pour l’aide internationale (USAID) l’avait bien relevé (voir L’Economiste du 13 mars 2015). Elle avait montré que plus du tiers des élèves de 2e année du primaire de la région Doukkala-Abda, par exemple, ne comprenaient rien aux textes écrits en arabe. Traînant des lacunes profondes dans la langue d’enseignement, cela finit par les mettre face à des difficultés d’apprentissage, et les mène même vers l’échec scolaire. Pour rappel, près de 76% des élèves demeurent illettrés au bout de 4 années au primaire. La non maîtrise de la langue d’enseignement y est pour beaucoup.
Aujourd’hui, le ministère de l’Education nationale reconnaît cette tare. «Cela fait partie des constats que nous avons réalisés. Parfois la faiblesse des élèves dans les mathématiques, les sciences physiques et les sciences de la vie et de la terre n’est pas due à ces matières elles-mêmes, mais à la langue d’apprentissage utilisée», explique Fouad Chafiqi, directeur des curricula au ministère de l’Education nationale. «Lorsqu’ils arrivent au collège avec des acquis très faibles en langue arabe, ils peuvent ne pas comprendre des mots dans des exercices par exemple», poursuit-il. Le ministère prévoit donc de s’attaquer au développement des compétences en langue arabe au collège dès la rentrée (prévue le 19 septembre). Un programme comprenant différentes activités, s’étalant sur les trois années du secondaire, sera dispensé, avec la participation des enseignants de langue arabe, de mathématiques, de sciences physiques et de SVT. Il a été partagé avec les Académies régionales d’éducation et de formation (Aref) la semaine dernière. Le contenu n’en a pas encore été dévoilé.
Le ministère s’attellera également, dès cette rentrée, au renforcement des acquis des élèves en langue française, mais à plus grande échelle. Un programme sera dédié aux deux dernières années du primaire, au collège et au lycée. «Nous avons conçu des activités de langue française adaptées au niveau des élèves, selon une approche d’enseignement fonctionnelle. C’est-à-dire que nous nous concentrerons sur la langue dont les jeunes ont besoin pour communiquer et non sur la grammaire», précise le directeur des curricula. Tous les documents nécessaires seront dupliqués (livrets d’élèves, kits pour les enseignants). «Les programmes actuels d’apprentissage du français datent de 2000. Nous ne les changerons pas, nous en aplanirons simplement les défaillances, à travers la substitution d’activités, qui nous paraissent difficiles, par d’autres qui sont graduellement difficiles. Cela aidera les élèves à mieux avancer», ajoute Chafiqi. Pour lui, les programmes actuels d’enseignement de la langue de Molière au collège et au lycée ne sont pas «mauvais». Ils sont surtout construits sur la base d’un «niveau hypothétique» des élèves du primaire. Or, ces derniers débarquent au secondaire sans pour autant disposer des prérequis nécessaires. Ils se confrontent ainsi à un dispositif non adapté à leurs aptitudes.
Dans des classes, qui plus est, souvent surpeuplées (entre 40 et 60 élèves par salle), il leur est très difficile de rattraper leur retard. Combiné au déficit d’enseignants, cela rend le défi du ministère d’autant plus grand.

L’alternance linguistique dès le primaire

Dans le cadre de sa stratégie 2015-2030, le ministère a réparti la réforme des curricula en trois pôles: sciences, épanouissement & sociabilisation et langues. Dans ce dernier pôle, l’accent sera mis sur «l’alternance linguistique» dès le primaire, où les enfants sont d’entrée de jeu confrontés à l’arabe et à l’amazigh, puis au français à la deuxième année. L’objectif est de leur permettre de développer un lexique autour d’un même thème dans les trois langues. L’approche utilisée sera celle «par compétences», veillant à développer plusieurs aptitudes (déchiffrer des sons, lire et produire des textes à l’écrit et à l’oral,…). Ce modèle est en expérimentation dans des établissements pilotes, depuis la rentrée 2015-2016 (voir L’Economiste du 22 mars 2016).

 

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