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Evénement

Malgré les réformes, gros dérapage budgétaire en 2016

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4820 Le 25/07/2016 | Partager
Les dépenses de fonctionnement explosent
La baisse du déficit vient de la réduction des subventions sur l’essence
Trois points noirs: faible taux de croissance, recul des IDE et des crédits à l’économie
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Plus 14,9% sur les dépenses de fonctionnement! Les engagements pour réduire le train de vie de l’administration ne sont pas tenus. Ainsi, les dépenses courantes ont progressé de 3,6 milliards de DH au cours des 6 premiers mois de cette année. Seul lot de consolation, le recul de 31,1% des charges de la compensation, sous l’effet de la baisse des prix  du gaz butane sur le marché international 

Ceux qui s’attendent à des innovations dans le projet de budget de 2017 seront déçus. Selon une source proche du dossier, «le texte ne comprendra ni une connotation politique ni de grandes réformes. Il s’agira de l’achèvement et de la continuité de ce qui a été décidé et annoncé auparavant». Le projet prendra en compte des chantiers ouverts  comme la retraite, la régionalisation, l’émergence industrielle…  Si le prochain gouvernement, qui sortira des urnes après le 7 octobre, veut apporter des modifications, il pourra proposer des budgets modificatifs ou bien, plus classiquement,  procéder par amendements déposés par sa majorité.

La prochaine étape reste la confection de la note de cadrage qui sera adressée aux ministres au début du mois d’août, ce qui est un retard important. Le ministre de l’Economie et des Finances attendra le discours du Trône pour intégrer les nouvelles orientations royales. 
En attendant, Mohamed Boussaid a présenté, jeudi dernier, devant le Conseil de gouvernement et devant les deux commissions des finances des Chambres du Parlement, le compte rendu de l’exécution du budget en cours pour les six premiers mois de cette année. Un débat est programmé pour ce mercredi. 
Avec cet exercice, le ministre a cherché à faire passer quelques messages comme celui de la poursuite de la politique du rétablissement du cadre macro-économique. En effet, des résultats jugés positifs ont été atteints comme la réduction du déficit budgétaire à 3,5%,  et celui du compte courant de la balance des paiements, qui est passé de -7,9% en 2013 (suite aux débordements massifs lors de la première partie du mandat Benkirane)  à -1,5% cette année. Ce résultat s’explique d’abord par la réorientation de la politique du gouvernement, ensuite par l’amélioration de la balance commerciale et  l’augmentation des transferts des MRE et des recettes touristiques.  Avec les réserves en devises, on terminera cette année en beauté. Ainsi, le gouvernement peut assurer la couverture de l’importation des biens pendant 7 mois et demi contre 4 mois et 12 jours en 2013. Néanmoins, cet indice n’a pas beaucoup d’importance face à la dérive des dépenses de fonctionnement.

Croissance en panne

Cependant, ce tableau est assombri par trois points noirs. 
D’abord la forte baisse du taux de croissance à 2%, ce qui donne un petit 0,7% si on le rapporte à la croissance démographique. Ce niveau n’est pas suffisant au regard des attentes en matière de création d’emplois, d’amélioration des conditions de vie des citoyens et des ambitions du Maroc pour s’arrimer aux pays émergents. 
En outre, il est nettement en dessous de l’objectif de 5,5% fixé par le programme gouvernemental, voté par le Parlement en février 2012. Le PJD avait fixé la barre plus haut en promettant un taux de croissance de 7%, dont deux points viendraient de la seule lutte contre la prévarication. Près de 5 ans après, les promesses électorales se sont évaporées face à la dure réalité économique. 
Ensuite, le deuxième point noir porte sur  le recul des investissements extérieurs de 12,5%. A fin juin, ils ont atteint à peine 17,1 milliards de DH contre 19,5 milliards de DH au cours de la même période de 2015. Il faudra que le gouvernement avance des explications convaincantes pour expliquer cette baisse inattendue.
Enfin, le dernier point a trait au repli des crédits à l’économie qui se poursuit, malgré l’amélioration des conditions de financement, est-il indiqué. A fin mai dernier, cette baisse est évaluée à 12,9 milliards de DH contre déjà un recul de 11,2 milliards  de DH enregistré au cours de la même période de l’année dernière. L’alerte a été donnée par le mémorandum du wali de Bank Al-Maghrib, adressé au chef du gouvernement, qui a réagi en faisant attaquer le gouverneur par ses réseaux d’influence sur Facebook. Pourtant, la baisse des demandes en crédits d’investissement n’est plus sur le même trend du passé, a reconnu une source proche du dossier. 
Cela n’a pas empêché le ministre de rappeler devant les parlementaires que l’exécution du budget se fait conformément aux objectifs. Les recettes ordinaires ont augmenté de 6,4%,  les recettes fiscales de 6,9% et les recettes non fiscales de 5%. La hausse est partout à l’exception de la TVA qui a enregistré une baisse qui s’explique par l’application des textes sur le remboursement, application enfin décidée par Mohamed Boussaid. Le ministre a tenu reprendre les remboursements en raison des difficultés de trésorerie des entreprises. Quant aux dépenses courantes, elles ont connu une hausse de 3,5% malgré le recul de la charge de la compensation. 
Après trois ans de baisse, le secteur des BTP commence à reprendre des couleurs avec une hausse de 4% de la consommation des ciments et de plus de 1,1% des crédits bancaires accordés à l’immobilier. Pour les télécoms, l’Internet continue sa progression. En effet, le nombre d’abonnés s’est accrû de 45,2% face au recul du mobile de 3,1%. La production de l’énergie a augmenté de 2,6%, tirée par la production concessionnelle. Le transport aérien a crû de 2,7% et le maritime de 2,9%. Ce n’est pas le cas du tourisme qui a enregistré un recul du nombre des arrivées (-0,8%) et des nuitées (-1%) même si les recettes touristiques ont progressé de 3,4% pour s’établir à 26,3 milliards de DH. Idem pour les transferts des MRE qui ont crû de 3,9% pour s’établir à 29,1 milliards de DH au cours de ce semestre. Quant aux métiers mondiaux du Maroc, ils ont exporté pour 70 milliards de DH contre 63 milliards au cours du premier semestre de l’année dernière.

Les phosphates, plus de quantité moins de recettes

 

LES phosphates et dérivés ont enregistré une hausse de la production de 10,2% à fin mars dernier, résultant de l’amélioration de la demande extérieure au point que le volume des exportations a augmenté de 22%. Toutefois, le produit des ventes a reculé à cause  de la baisse des prix sur le marché international. Ainsi, à fin juin, l’exportation de ces produits a rapporté 19,6 milliards de DH contre 22,3 milliards au cours de la même période de l’année dernière, soit -12,1%.

 

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