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1 femme sur 2 victime de violence psychologique

Par L'Economiste | Edition N°:3443 Le 12/01/2011 | Partager
Elles sont aussi privées du droit d’étudier, de travailler, de choisir sa tenue vestimentaire…
L’atteinte physique prédomine dans le Grand Casablanca et l’Oriental
Les résultats de l’enquête du HCP

C’est une première du genre. Le Haut Commissariat au Plan vient de dévoiler les résultats de l’Enquête nationale sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes (ENVF). Cette enquête a été réalisée entre juin 2009 et janvier 2010 et a porté sur un échantillon de 8.300 femmes âgées de 18 à 65 ans issues de toutes les régions du Maroc.
Première information qui émane de cette enquête est que la violence est urbaine. En effet, 62,8% de femmes ont subi un acte de violence. Les résultats de l’enquête ont mis en évidence l’existence de plusieurs aspects de violence qui s’exercent contre les Marocaines et ce dans les différents milieux sociaux. En effet, la violence psychologique est la plus répandue avec un taux de prévalence de 48,4%, soit 4,6 millions de femmes. Elle touche 38,8% des femmes mariées surtout les inactives avec un pourcentage de 53,9% contre 43% pour celles qui sont actives. Dans le milieu professionnel, près d’une femme sur cinq en milieu urbain et une sur vingt en milieu rural en sont victimes. Les divorcées sont les plus vulnérables à cette violence avec un taux de 20,5% contre 10,7% parmi les mariées. Les atteintes aux libertés individuelles viennent en deuxième position. Elles affectent 3 millions de femmes dont le taux de prévalence est plus élevé dans le milieu conjugal où il dépasse 30%. Cette violence se manifeste par le contrôle des sorties de la femme, de la liberté d’étudier, de travailler, du choix de sa tenue vestimentaire (13% des femmes n’ont pas la liberté de porter les habits qu’elles auraient souhaité, 8% sont obligées de porter le voile contre 22% de l’enlever et 13,6% de consulter un médecin de sexe masculin). Quant à la violence physique, elle fait près d’un million de violentées dans les lieux publics dont le taux de prévalence est 5 fois plus élevé en milieu urbain que dans le rural. Les auteurs des agressions sont dans 6 cas sur 10 des jeunes de moins de 35 ans. La violence est également dans le milieu conjugal où la prévalence est élevée parmi les femmes dont le mari est sans niveau d’instruction (6,8 contre 3,9% pour ceux ayant un niveau d’enseignement supérieur). Les Marocaines font aussi l’objet d’autres types de violence: sexuelle (8,7% dont 9,8% des cas en urbain contre 7,7% en rural) et économique avec une prévalence de 13 % en rural contre 6% en urbain. L’enquête a montré que la violence se propage dans tous les milieux, à savoir le conjugal avec un taux de 55%, extraconjugal (47,4%), lieux publics (32,9%), établissement d’enseignement (24,2%), milieu professionnel (16%) et familial (13,5%). Les plaintes contre les violences ont attiré l’attention des enquêteurs. Ainsi, la violence conjugale n’est rapportée à une autorité compétente que dans 3% des cas et les actes les plus dénoncés sont les agressions avec un objet contondant ou produit dangereux (41,7%), la privation des enfants (21,2%) et l’expulsion du domicile conjugal (6,9%). La majorité des plaintes s’achève soit sur l’établissement d’un procès-verbal (25%) ou par la conciliation entre les conjoints et la renonciation à la poursuite 38%.
Selon Ahmed Lahlimi, haut-commissaire au Plan, ces violences existent partout au Maroc. Cependant, quelques régions se distinguent par la prévalence de certaines de ces violences. A titre d’exemple, l’atteinte physique est prédominante dans le Grand Casablanca et l’Oriental. Les viols sont fréquents au niveau de l’Oriental, Casablanca, Rabat, Salé, Tanger et Tétouan. A l’opposé, Al Hoceïma et Taza sont deux régions où il y a un taux réduit de prévalence de la violence. Le haut-commissaire a invité l’assistance à s’interroger sur les faces cachées de ces résultats. «Cela nous indique l’existence d’une crise d’identité, une sorte de schizophrénie chez une tranche de la population au sein d’une société en pleine mutation. La mentalité n’évolue pas au même rythme que les autres phénomènes sociaux que connaît le Maroc», a souligné Ahmed Lahlimi. Pour rappel, cette enquête a bénéficié de l’appui financier du Fonds du développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) et la participation des institutions nationales et les ONG. Elle avait pour objectif de mesurer la prévalence de la violence à l’encontre de cette frange de population, sous ses diverses formes et dans les différents cadres de vie où elle a été commise: public, familial, conjugal, extraconjugal, professionnel et éducatif.

S. Be.

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