×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

L'Edito

Alerte

Par L'Economiste| Edition N°:4706 Le 11/02/2016 | Partager

Plus rapidement qu’on ne l’espérait, sont apparus les «lanceurs d’alerte», ces personnes qui rendent public ce qui autrefois serait resté caché.
L’étendue et l’aisance de la communication  bon marché et les réseaux sociaux engendrent une capacité d’observation très fine de l’environnement. Il est bien risqué, aujourd’hui, de parier sur le «pas vu, pas pris».
S’il reste encore nombre de lieux et de dossiers inaccessibles aux citoyens, les espaces d’observation se sont considérablement élargis.
Plus important: le rôle de la classe politique a changé.
La fin des années de plomb, l’IER ou la Constitution de 2011 ont produit des contingents de citoyens plus sûrs de leurs droits, en particulier du droit de dénoncer publiquement les mauvais services étatiques ou locaux. Ils ont conquis aussi le droit de désigner les responsables. Bien qu’on ne le dise guère, c’est une énorme révolution.
En face, on n’est pas prêt. L’élu préfère, comme à Safi (cf. L’Economiste du 10 février),  mettre les fonctionnaires, justice et police, au service de sa vengeance personnelle. Il n’a pas compris que sa légitimité d’élu réside chez ses électeurs, jugeant ce qui est bien ou mal fait.  Dans ce cas safiot, il s’agissait d’une route.
Le succès des lanceurs d’alerte vaut par la forte protection que l’opinion publique leur accorde spontanément (et en triant assez facilement les vraies des fausses alertes).
Ce comportement souligne bien le changement de sens. La légitimité des élus n’est plus en haut, dans les sphères du Makhzen et de l’Etat; elle est en bas, dans les urnes les jours d’élections, et auprès des gens, tous les autres jours. Une démocratie ne se résume plus à ouvrir des bureaux de vote une fois de temps en temps. Il faudra s’y faire: le mouvement ne fait que commencer.

 

Nadia SALAH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc