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L'Edito

Le plus grand dilemme

Par L'Economiste| Edition N°:2080 Le 05/08/2005 | Partager

Dans des douars, pas si reculés que ça, parfois dans des villes, l’eau manque. Il faut l’y apporter et la stocker à grands frais. Ce qui exige une organisation considérable, où le moindre manquement prend vite des allures de scandale politique.Derrière cela, un vrai, un grand problème: les gens habitent-ils vraiment là où ils ont des opportunités correctes de développement et d’amélioration de leur sort? Si on répond non à cette question, alors surgit tout de suite une question encore plus terrible: où peuvent-ils aller? En ville où sévissent le chômage et les tentations de l’argent facile?Si on répond que oui, les gens peuvent rester là où ils sont nés? Alors comme précédemment, une question encore plus terrible apparaît: à quel prix pour la communauté? Combien coûte et coûtera la livraison des services publics dans des endroits que l’Histoire ou le marché (rayez la mention inutile!) ont condamnés? Le Maroc n’est pas un pays riche: l’argent mis dans l’électrification de douars, qui disparaissent en ce moment du fait de la sécheresse, est de l’argent qui n’est pas mis dans l’électrification des zones périurbaines ou dans ces gros bourgs semi-ruraux qui sont en train de grossir, sans que l’on sache très bien avec quoi ils vont pouvoir faire vivre tous ces habitants nouveaux. L’école qui restera vide dans tel hameau ne sera pas construite dans cette banlieue marginale et anarchique qu’affectionnent les prédicateurs de haine. Tout cela est vrai. Mais l’inverse aussi est parfaitement vrai.Ces mêmes prédicateurs de haine sont sans doute enchantés de cet exode rural qui va leur donner tant de grain à moudre! Or, on le sait, l’exode rural se fait à cause de la misère qu’engendrent la sécheresse, la soif et le manque de services sociaux.Le Maroc est devant un des plus durs, plus forts dilemmes de toute son histoire, un dilemme où les incantations ne servent à rien, et un dilemme où il n’y a aucune réponse toute faite.Nadia SALAH

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