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L'Edito

Doubles victimes

Par L'Economiste| Edition N°:2079 Le 04/08/2005 | Partager

La pornographie, c’est tout montrer. Et les 13 filles condamnées à Agadir dans l’affaire Servaty ont tout montré, non pas de leur corps, mais de notre corps social. Leur corps, elles ne l’ont pas exhibé, il leur a été volé, par la ruse, mis sur Internet par un escroc pervers. D’ailleurs, si elles avaient voulu faire de la pornographie, elles n’y seraient pas arrivées. C’est une activité très professionnelle, bien développée en Europe. Aucun tribunal marocain n’oserait condamner ni la pornographie, ni le Belge, car tout le pays serait alors traité par les médias européens d’hypocrite, et de fief de Talibans. Insupportable pour notre ego national, et le tourisme. Ce qui est “mis à nu” dans cette affaire c’est notre corps social, frileux devant l’Europe dont il n’ose ni adopter ni rejeter clairement les valeurs. C’est aussi un corps qui par manque de tout, devient avide, naïf: une fille chômeuse, et condamnée au célibat par le chômage de son bien-aimé, se donnera au premier Belge ou Emirati venu. Elle ne le voit pas comme un prince charmant, mais simplement une solution à ses multiples problèmes, une patera pour immigrer. L’affaire met aussi à nu la famille, cette institution mystifiée, incapable d’aider pour l’emploi, le mariage, mais rapide à rejeter, accabler un de ses membres à la moindre faiblesse, au lieu de le soutenir.Il reste heureusement ces initiatives courageuses et citoyennes, comme celle d’Anaruz, une association qui organise une pétition, une mobilisation pour libérer et réhabiliter ces 13 doubles victimes. Cela rappelle l’affaire des jeunes rockeurs, condamnés pour “satanisme”, libérés après une mobilisation d’associations.Tous ces citoyens mobilisés ont compris qu’en matière sociale, le pire est la passivité… comme en pornographie, le plus vicieux n’est pas l’acteur, mais le spectateur, planqué dans l’anonymat, qui n’assume pas son regard.Khalid BELYAZID

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