L'Edito

Ville

Par | Edition N°:912 Le 08/12/2000 | Partager

Un immeuble vide, qui occupe un coin en plein centre-ville, est indiqué par une plaque! C'est la région de Casablanca. Ce n'est que cela pour le citoyen. Pour les hommes politiques et les débats académiques, c'est la première région du Maroc, un instrument de la décentralisation, consacré par la Constitution... C'est beau, mais où est le guichet des plaintes contre la circulation bloquée à toute heure, la délinquance et la pollution assassine?Ce déphasage entre la perception du citoyen et les institutions locales, il faut espérer que le projet de charte communale le comble. Ce projet d'une centaine de pages passera au prochain Conseil de gouvernement et plus tard au Parlement. Il faut espérer qu'il soit vite appliqué, car il consacre l'unité des grandes villes: il n'y aura plus un trottoir fait d'un côté et pas de l'autre car c'est une autre commune.Il donnera aux "maires" l'infrastructure, l'enseignement, la police économique et de circulation... en fonction de leur capacité de gestion. Ils auront donc des pouvoirs et des responsabilités. Mais, auront-ils des moyens? On connaît ce jeu piégé même dans les entreprises. Aujourd'hui, les communes ont leurs maigres impôts locaux, un peu de TVA et la grosse charge d'un personnel pléthorique, souvent recruté pour lutter contre le chômage. Demain, l'Etat partagera-t-il ses moyens ou laissera-t-il les villes lever des impôts sur une assiette marginale déjà maigre? Le mode de scrutin à la proportionnelle est un autre handicap, l'élu local étant en position trop instable pour mener une politique.Reste l'essentiel, qui est la participation du citoyen au quotidien. Pour l'heure, il est réduit à un bulletin tous les 5 ans. S'il peut connaître les comptes de sa ville, ses marchés, ses modes de recrutement, donner son avis et contrôler, il paiera des impôts et contribuera. Sinon, communes ou mairies resteront des immeubles vides.Khalid BELYAZID

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