L'Edito

Un monde

Par | Edition N°:905 Le 29/11/2000 | Partager

Remises par le Souverain lui-même, les décorations des patrons du Club Med et Accor montrent l'importance que le Royaume veut donner au secteur touristique. C'est un secteur d'emplois et de recettes en devises.Pour l'emploi, inutile de faire un dessin: le Maroc se trouve dans une situation catastrophique. Pour les devises, la politique actuelle de déficit public et de Dirham très fort rend nécessaire et urgente l'alimentation de la balance: l'Etat a commencé à dépenser ce que le Maroc n'a pas encore gagné!Le tourisme, c'est aussi un secteur favorisant l'évolution des mentalités comme des comportements. Là encore, il y a urgence. De toute évidence, un retard considérable a été pris ou bien, pour être plus exact, repris. Le Royaume croit encore qu'il est en avance sur bien d'autres pays arabes et musulmans. Mais c'est un simple effet de son ignorance: la réalité est que le Maroc est en train de se mettre en retard sur le reste du Monde arabe.Quand on pense tourisme, on pense certes aux jolies femmes et aux femmes moins jolies en minimaillot et aux effets que cela peut avoir dans une société un peu rigide, sinon dans les faits, du moins pour les apparences. Mais ce n'est pas cela l'essentiel des retards de mentalité.Accueillir des touristes, c'est importer un marché solvable que l'on n'est pas capable de produire soi-même. C'est donc importer des consommateurs habitués à une monétique qui fonctionne 24h/24, au respect du code de la route, à la propreté des villes et des campagnes, à la sécurité sanitaire des circuits commerciaux, à une police efficace et souriante...Un monde de comportements nouveaux à créer, qui profitera à tous les Marocains.Nadia SALAH

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