L'Edito

Torpillage

Par | Edition N°:884 Le 30/10/2000 | Partager

Les consultations pour un éventuel accord de pêche avec l’Europe reprennent cette semaine. Il est maintenant dans l’ordre des choses que le Maroc passe cet accord, malgré l’opposition des armateurs et les frustrations nationalistes que l’accord entraînera.L’arrêt de l’accord avait montré la détermination politique du gouvernement de l’alternance, tout comme la détermination marocaine au niveau de Feu Hassan II puis de SM Mohammed VI. Pourtant, les partenaires espagnols, les principaux concernés, pensaient qu’à la dernière minute, le Maroc changerait de position sous la pression des besoins budgétaires et des urgences diplomatiques sur le Sahara marocain. Cela ne s’est pas produit.Le problème est venu de l’intérieur même du secteur de la pêche. En principe, puisque les bateaux européens ne prenaient plus le poisson marocain, les bateaux marocains auraient dû en prendre davantage, créer une forte augmentation d’activités dans les ports continentaux, entraîner des investissements privés de traitement des produits de la pêche. La balance commerciale aurait dû voir exploser les exportations de produits halieutiques...Cela ne s’est pas produit. Le secteur de la pêche s’est au contraire enfoncé dans la morosité: les prises ont sans doute augmenté, mais elles sont largement allées à Las Palmas, pas sur la balance marocaine, ni dans l’agro-industrie marocaine ou alors, si peu que cela n’est pas significatif. Le Ministère de tutelle, lui, n’a rien trouvé de mieux à faire que de ralentir les investissements publics et suspendre les aides qui avaient été prévues par les gouvernements précédents.A eux tous, ils ont proprement torpillé une chance historique. Nadia SALAH

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