L'Edito

Sadisme

Par | Edition N°:881 Le 25/10/2000 | Partager

Trois cent vingt-cinq à multiplier par trente-cinq mille, le tout divisé par trente: Telle est l'économie que devrait faire le budget de l'Etat sur les indemnités des représentants. En effet, c'est devant un hémicycle très clairsemé que le projet de budget a été présenté. Si les absents n'étaient pas intéressés, c'est qu'ils ne le sont pas non plus par leurs indemnités. Logique férocement basique. C'est pourtant un budget risqué. Il repose sur l'ouverture du capital de Maroc Telecom. Chacun espère que cette recette reproduira l'heureuse surprise de la deuxième licence GSM et qu'elle rapportera plus encore que les 20 milliards inscrits. Mais chacun sait, fort bien, qu'une fois la vente faite, elle est faite et qu'il n'y aura pas d'autre Maroc Telecom pour recommencer à tenter le jack-pot. Or, au lieu de s'attacher à redéfinir les tâches de l'Etat, à limiter ses appétits de consommation, le projet de budget s'est employé à en augmenter les charges.Pourtant, c'est bien connu, le seul moyen d'amener les Etats à être financièrement raisonnables, c'est de leur couper les vivres. Que ce soit aux Etats-Unis, pays démocratique par excellence, ou bien dans le pays le plus totalitaire, personne n'a trouvé de moyen alternatif.Amener les Etats à la raison financière n'est pas du tout un exercice dogmatique ou du sadisme antifonctionnaires, c'est l'impératif premier de la globalisation et c'est l'impératif premier de la souveraineté de ces Etats. Devant l'importance de ces enjeux, comment qualifier l'absentéisme parlementaire? La logique basique a raison: il faut leur couper proportionnellement les indemnités. Ce sera toujours cela d'économisé.Nadia SALAH

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