L'Edito

Routine

Par | Edition N°:880 Le 24/10/2000 | Partager

M. Oualalou a présenté hier au soir le projet de Loi de Finances pour 2001 au Parlement. Sauf si l’Istiqlal décide de casser publiquement la Koutla, il n’y aura pas d’opposition sérieuse au projet, ni même de discussion sur les choix politiques et sociaux contenus dans le projet de budget. C’est fort dommage. En effet, ce projet contient des dangers financiers importants.Certes, M. Oualalou a raison de souligner les résultats de la gestion de la chose publique. Il s’agit de la partie technique de la gestion. En revanche, la partie politique, elle, laisse beaucoup à désirer. Ainsi, par exemple, on sait depuis de longues années que la masse salariale de l’Etat est anormalement grosse par rapport au PIB et au budget lui-même. Or, ce projet de budget non seulement ne prend aucune mesure pour renverser la vapeur, mais part exactement dans la direction opposée. Les fonctionnaires sont trop nombreux et mal payés: les deux vont toujours ensemble chez les Etats qui ne parviennent pas à faire leur mutation. Le projet de budget veut encore recruter et saupoudre des augmentations: la facture totale se compte par milliards de DH et sera présentée aux contribuables, régulièrement, pendant les trente prochaines années sans changer un iota à la gestion des ressources humaines, pour la rendre plus efficace et plus dynamique. Un exemple parmi cent: l’Education nationale marocaine a l’un des taux d’encadrement par élève des plus élevés au monde, mais elle va encore ajouter quelque 9.000 personnes de plus! Pourtant, la Charte veut un changement de politique, et des ONG comme Zakoura, la Fondation BMCE-Bank ou l’initiative Wafabank montrent bien que l’on peut faire beaucoup mieux avec moins de moyens.Qui va enfin se décider à tirer les vraies leçons de la gestion publique au lieu de suivre aveuglément la routine?Nadia SALAH

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