L'Edito

Régionalisation sauvage

Par | Edition N°:883 Le 27/10/2000 | Partager

Il faudrait avoir une carte géographique des interprétations fiscales, comme il faudrait aussi avoir une carte géographique des règlements de chantier, des pratiques des prix... et de presque tout, d’ailleurs!Ce qui est possible à Casablanca ne l’est plus à Fès; ce qui est interdit à Casablanca est admis à Agadir... Tout est à l’avenant.L’Etat marocain est un et très centralisé, dit-on. On le lui reproche à longueur d’année. Aussi fait-il de gros efforts pour se déconcentrer et se régionaliser. Pourtant, ironie du terrain, il y a longtemps que les directions locales de l’Administration centrale ont réalisé une régionalisation sauvage. Elles l’ont fait sur le dos des administrés et contribuables et en provoquant un désordre difficilement descriptible. Naturellement, toutes sortes d’abus peuvent venir se loger dans ce désordre. Pire, la pression de l’opinion publique, qui veut que les contrôles soient sans cesse augmentés, renforce les comportements de précaution des fonctionnaires locaux. Immédiatement, ils en viennent à interdire le maximum de choses, à faire traîner le plus possible toute décision, car on ne sait jamais ce qui pourra leur être reproché. Encore plus fort, ils évitent comme la peste de donner des informations pratiques à leurs administrés: qui sait quels ennuis vont en résulter si les administrés se mettent à objecter? Ces administrés ont alors l’impression justifiée de se retrouver devant un mur de silence et de connivence, que seules des relations haut placées arriveront à abattre.Voilà comment on met consciencieusement en panne tout un pays, en y introduisant, par-dessus le marché, le doute et le soupçon généralisés.Nadia SALAH

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