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L'économiste, le premier quotidien économique au Maroc

samedi 25 mai 2013,
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Règle d’or

Crée le : 24 octobre 2012

Règle d’or

   

Aujourd'hui, le projet de loi de Finances sera officiellement présenté. C’est la première fois qu’un budget a été préparé sous le régime de la nouvelle Constitution. Assez curieusement, l’idée s’est répandue que ce texte fondateur s’intéresse peu à l’économie. Ce qui est faux puisque plus de la moitié des articles en traite, dont 40 tout à fait directement et explicitement. C’est au contraire un grand sujet pour le constituant et donc pour les Marocains qui ont approuvé le texte. Et parmi ces articles, le 77 qui rend le Parlement et le gouvernement responsables de «l’équilibre des finances de l’Etat». C’est ce qu’on appelle en Europe la «règle d’or» pour éviter les catastrophes politiques et sociales. C’est cette règle que les Grecs, les Espagnols, les Italiens… n’ont pas suivie. On voit ce qu’il en coûte aujourd’hui à leur population.
Dans un premier temps, le manquement à cette obligation est une sorte de miel politique: tout est facile, tout est simple et agréable. La dépense met de l’huile dans tous les rouages un peu compliqués à gérer. Pour les politiciens, c’est presque de la magie. Le retour du bâton est tragique pour les citoyens, pas pour les politiciens. Au cas où les Marocains auraient oublié les années du Programme d’Ajustement Structurel (PAS), il suffit de brancher la télévision pour voir, dans la riche Europe, les drames humains qui suivent les années de négligence budgétaire.
Et toujours, vraiment toujours, ce sont les familles les plus fragiles qui sont les plus durement touchées. Plus inquiétant encore: il est faux de croire que les largesses budgétaires servent à la lutte contre la pauvreté. La France vient de découvrir après deux décennies de déficits financiers et sociaux, que plus de 14% de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté. Un niveau de pauvreté pas très éloigné de celui du Maroc, qui a pourtant un PIB par tête 15 fois plus petit! Des données incontournables qui devront guider les débats parlementaires.
Nadia SALAH