MTD
 
Le Mouvement pour tous les démocrates, le MTD de Fouad Ali El Himma, continue d’intriguer et d’animer, en même temps, la vie politique marocaine.
Le Mouvement intrigue car il sort des normes usuelles des mouvements politiques.
Quoi qu’on en dise, il n’est pas une reproduction du FDIC d’Ahmed Réda Guédira des années 60. Ce dernier avait pour mission de protéger la monarchie des ambitions démesurées qu’avaient à l’époque l’Istiqlal et l’UNFP.
Aujourd’hui, la monarchie jouit d’un consensus incontesté. L’enjeu n’est donc pas sur elle.
Par contre, la société marocaine change très vite. Or la vie politique traditionnelle ainsi que les partis qui la composent ont du mal à assurer l’encadrement. L’énorme masse des abstentions l’a bien prouvé lors des dernières élections. Et comme le montre, tout pareillement, la difficulté qu’ont les partis politiques à préserver leur place au sein de la société. Ce phénomène se produit au moment où les mouvements islamistes sont les plus virulents. Et pourtant, ils sont loin d’être majoritaires dans la société.
Cependant, face à des forces politiques vieillissantes et plus très sûres d’elles-mêmes, l’activisme islamique, paradoxalement, pouvait paraître le seul mouvement du renouveau. En témoignent les inquiétudes préélectorales, lesquelles donnaient d’avance les islamistes victorieux.
Il fallait donc couper la route à cette dérive dangereuse qui pouvait donner le pouvoir à des minoritaires. L’histoire abonde en exemples où une minorité violente et agissante conquiert le pouvoir face à la majorité silencieuse et désemparée.
D’après ce que l’on voit sur le terrain, le pari du MTD est en voie d’être réussi: la Une des journaux n’est plus occupée par les islamistes, mais par El Himma et ses amis.
Dans ce contexte, peu importe que ce soit pour les critiquer ou pour les approuver! L’important pour le Mouvement, c’est de dominer le débat et d’être celui qui donne le ton.

Abdelmounaïm DILAMI