![]() |
![]() |
| Tanger: La mairie s’implique dans le port | |
· Sa part, financée par un don de l’Intérieur Le réaménagement du port de Tanger s’active. Lundi dernier, c’était au tour du Conseil de la ville de Tanger de décider à l’unanimité d’entrer dans le capital de la Société d’aménagement du périmètre du port de Tanger (cf. leconomiste.com). La mairie entre dans le tour de table avec 75 millions de DH, un apport qui sera pris en charge par le ministère de l’Intérieur sous forme d’un don, selon Abdellatif Berroho, président de la Commission chargée des affaires économiques et du budget au sein du Conseil de la ville de Tanger. Pour être dans les délais, le Conseil a du organiser une session marathon lundi dernier, précédée d’une réunion express de la commission des affaires économiques et du budget. Le projet est ambitieux et il devra permettre à la ville de Tanger d’accéder à une nouvelle dimension et, cerise sur le gâteau, il est demandé à la mairie d’y participer, et sans débourser un seul centime, selon plusieurs conseillers. Certains y voient même une occasion pour participer au développement de cette région qui échappait au contrôle total du Conseil. Mais certaines voix n’ont pas manqué de s’élever pour attirer l’attention sur la responsabilité du Conseil dans le cadre d’un tel projet et des dommages collatéraux qui pourraient s’en suivre. En effet, selon des élus du PJD, des expériences similaires de développement ont montré des lacunes dans le suivi, et la responsabilité des membres du Conseil pourrait être mise en cause devant les citoyens qu’il représente. D’où la proposition de créer une commission dédiée spécialement à la tâche pour assurer le suivi de ce projet. A noter que le développement du port de Tanger a connu une nouvelle dynamique avec la création, en février dernier, de la Société d’aménagement du périmètre portuaire de Tanger. C’est Abdelouafi Laftit, ancien directeur d’exploitation de ce port, du temps de l’Odep et premier directeur du CRI de Tanger qui en a été nommé Pdg. Ce dernier aura la tâche d’ouvrir le port de Tanger-ville sur son environnement proche et d’en faire une sorte de grosse marina à l’image des ports de la côte sud espagnole. L’idée initiale de faire du port de Tanger une tête de pont pour les croisières en Méditerranée est maintenue. D’un million de clients au niveau mondial en 1980, ils sont passés aujourd’hui à plus de 15 millions de croisiéristes de par les mers du monde, l’essentiel dans la Méditerranée. Le port dans sa dimension actuelle pourrait en recevoir jusqu’à 200.000 par an, selon une étude réalisée par l’Odep il y a quelques années. Et ce, juste en procédant à de légères retouches au niveau de la structure du port. Il est d’ailleurs prévu d’atteindre plus d’un demi million de croisiéristes à court terme. A l’aube des années 80, ils étaient plus de 50.000 croisiéristes à venir annuellement accoster sur les quais du port de Tanger. Certaines agences de voyages y étaient même exclusivement dédiées. Actuellement ce nombre a fondu comme neige au soleil pour ne pas dépasser les 20.000 croisiéristes par an, malgré la légère reprise enregistrée ces dernières années. A noter qu’entre-temps, d’importants travaux ont été consentis au niveau du port et de son environnement. En effet, ce dernier devra voir son entrée totalement réaménagée avec un élargissement des voies d’accès et l’élimination des clôtures et autres murs de protection. L’objectif étant d’ouvrir le port sur son environnement. La principale nouveauté est le réaménagement de l’actuelle voie d’accès du port et qui deviendra le prolongement de l’avenue Mohammed VI, la corniche de Tanger. Déjà plusieurs commerces et agences de voyage situés à l’entrée du port ont été avertis et ils devront vider les lieux dans les prochains mois. En outre, l’un des derniers bastions devra céder sous peu. Il s’agit des industriels de la zone franche portuaire. Ces derniers ont réussi à décrocher un moratoire de deux ans pour préparer leur déménagement. Une fois partis, le port de Tanger devra récupérer 2,4 hectares de terrains supplémentaires à l’intérieur de l’enceinte portuaire.
|