TI/Rapport WEF

Les acquis du Maroc s'effritent
 
· Il recule à la 82e place au dernier classement du Forum économique mondial

· Dégradation de l’infrastructure du cadre politique et réglementaire


· L’un des coûts d’appel de la téléphonie mobile les plus chers


Au moment où le Maroc vient de se doter d'une stratégie numérique, le Forum économique mondial (WEF) publie un rapport dont les résultats sont pour le moins décevants. Dans cette étude qui a retenu 134 pays, le Maroc régresse de 12 points et arrive à la 86e place. Il se classe loin derrière la Tunisie (38e), le Chili (39e), la Chine (46e), l’Inde (54e), la Turquie (61e), le Mexique (67e) ou encore l’Egypte (76e).
Il est en revanche mieux positionné que certains pays tels que l’Argentine (87e) et l’Algérie (108e).
Ce repli, selon le rapport, est la résultante du recul du classement des trois principales composantes de l’indicateur global. Globalement au Maroc, les principaux indicateurs sont à la baisse: l’environnement des TI régresse de 7 points, le niveau de préparation de 13 et l’usage des TI de 10.

Des bonnes notes quand même


Dans le classement lié à l’environnement des TI, le Maroc passe de la 67e à la 74e place en 2009. Ainsi, il se retrouve loin derrière des pays du même niveau de développement tels que la Tunisie et l’Egypte. Derrière ce recul, la dégradation du «cadre politique et réglementaire ainsi que de l’infrastructure» qui ont baissé respectivement de 11 et 10 points.
Sur le plan politique et réglementaire, le rapport note des faiblesses, notamment en matière de «lois relatives aux TI, la protection des droits de propriété et les procédures liées à la conclusion de contrats».
Quant à l’infrastructure, elle pèche, selon le rapport, par sa faible performance en termes de «production d’électricité, de nombre de lignes téléphoniques, de la sécurité des serveurs Internet et de la qualité des instituts de recherche scientifique».
Ceci étant, le pays n’accumule pas que des contre-performances. Le rapport n’a pas omis de rappeler que le Maroc a quelques atouts à faire valoir au niveau de l’environnement des TI. C’est le cas des dépenses d’enseignement où il arrive 15e, de la création d’entreprises (25e), du nombre de procédures (25e) ou du temps requis (31e).
Le classement du Forum attribue également de bonnes notes au royaume, notamment en matière d’exportations de produits de haute technologie (34e). Des efforts sont aussi reconnus en matière de la disponibilité des technologies les plus récentes (57e).
Sur le volet de préparation (Readiness component), le Maroc a enregistré la plus mauvaise performance en se classant 13e dans la catégorie des pays émergents qui comprend 14 Etats. Le recul concerne principalement les indicateurs TI relatifs au gouvernement (-23) et aux entreprises (-16).
En matière de e-gouvernement, le Maroc est parmi les derniers: il est classé l13e. En termes de priorité allouée par les autorités publiques aux TI, il est 111e. Quant au classement relatif à l’importance accordée par les autorités dans le cadre de leur vision pour le futur, le pays est 82e.
S’agissant des TI dans le secteur privé, le résultat est médiocre. C’est le cas notamment pour le coût des charges de connexion téléphonique (105 e) et du niveau de collaboration R&D entre entreprises et universités locales (99e).
Sur le registre de la préparation relative aux individus, des carences sont signalées surtout au niveau de l’abonnement téléphonique résidentiel mensuel (113e), le coût d’appel de la téléphonie mobile (104e) et la qualité du système éducatif (100e).
Les contre-performances du pays ne s’arrêtent pas là. Elles vont jusqu’à l’usage des TI. Le Maroc recule en 2009 au 87e rang (-10). Ce qui le place parmi les pays émergents ou à même niveau de développement ayant un recours relativement faible aux TI. Il arrive loin derrière la Tunisie (47e), la Turquie (54e) et l’Egypte (72e). Principale explication: le repli enregistré au niveau de la mise à disponibilité par le gouvernement d’informations, d’outils participatifs et de services en ligne de qualité et d’utilité (123e). Il en est de même pour l’équipement en TI de l’administration (97e) ainsi que l’usage des TI par le gouvernement pour améliorer l’efficacité des services publics et faciliter l’interaction avec les entreprises et les particuliers (82e). Autres contre-performances non moins importantes, l’usage des TI par les entreprises dans le cadre de leur activité et transactions avec les clients et fournisseurs (110e), leur capacité à innover (87e) ainsi que le taux de détention d’ordinateurs personnels par habitant (93e).

J. B.