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| Le climat, de Marrakech à Copenhague Par Taha BALAFREJ | |
Pourtant le G20 a déçu par manque de concret. Avec les annonces molles de Pittsburgh, les chances d’arriver à un accord à Copenhague, pour la Convention Climat, se font minces. Malgré toute la bonne volonté affichée par l’Administration Obama pour inscrire dans la loi américaine l’engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre, il lui sera difficile de souscrire à tout nouveau traité à Copenhague sans le feu vert préalable du Congrès. Dans ces conditions, il est difficile, et injuste, de venir demander aux pays émergents, notamment la Chine et l’Inde, de faire la moindre concession. D’autant plus que sur le point du financement, tant attendu par les pays en développement qui doivent s’adapter d’urgence aux effets néfastes du changement climatique, aucun engagement consistant n’a été annoncé par les pays riches responsables durant des décennies de l’accumulation des gaz qui a conduit à la situation actuelle. Pas plus d’ailleurs que sur la question de l’accès aux nouvelles technologies propres. Mais il conviendrait de faire une autre lecture du Sommet de Pittsburgh: la question du climat est de plus en plus liée à la question des énergies fossiles. Les pays du G20 s’engagent à «éliminer progressivement et de rationaliser à moyen terme les subventions inefficaces aux combustibles fossiles tout en apportant une aide ciblée aux plus démunis». Il précise que «les subventions inefficaces accordées aux combustibles fossiles encouragent la surconsommation, restreignent notre sécurité énergétique, font obstacle à l’investissement dans des sources d’énergie propre et portent atteinte aux efforts de lutte contre le changement climatique». Obtenu à la demande d’Obama, cet «engagement essentiel» trouve son explication dans la prise de conscience de l’Occident du danger que constitue sa dépendance pétrolière à l’égard de pays considérés comme hostiles et nuisibles et la porosité entre argent du pétrole et circuits terroristes a été souvent dénoncée. Cette décision s’appuie sur les études qui ont démontré que l’élimination de ces subventions pourrait réduire les émissions des gaz responsables du changement climatique de 10% d’ici à 2050. Mais il est évident que les préoccupations de sécurité et d’indépendance énergétique n’y sont pas étrangères. L’orientation est prise. Le marché du carbone, la nouvelle fiscalité, les technologies propres, les énergies renouvelables, la voiture électrique sont des pistes répondant aux questions politiques, économiques et environnementales. Dans le processus de négociation sur le climat, tous les habitués savent que le lobby le mieux constitué, le mieux formé, le plus présent est celui formé par les pays exportateurs de pétrole, sous la houlette de l’Arabie saoudite. Dans la convention-cadre sur le climat comme dans le protocole de Kyoto, des articles spécifiques avaient été prévus pour répondre aux craintes de ces pays quant aux effets que ces accords engendrent sur leurs économies. A Marrakech (voir encadré), les attentats du 11 septembre avaient poussé ce lobby à mettre en sourdine ses revendications destinées avant tout à retarder le processus. Mais entre Marrakech et Copenhague, le climat a beaucoup changé.
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