Agadir/Transport

Les salariés de Zetrap en grève
 
· Sit-in depuis le 18 août devant le siège de la société

· Perte de près de 240.000 DH par jour pour l’entreprise


LES employés de la société de transport en commun Zetrap sont en colère. Depuis le 18 août dernier, ils observent un sit-in devant le siège de l’entreprise, sis à Ait Melloul. Ils empêchent ainsi les 76 bus Zetrap d’assurer le transport des usagers entre Agadir, Chtouka et Inzegane. L’objectif est de protester contre la mise à pied de treize membres du bureau syndical. «Un bureau non autorisé», selon les responsables de Zetrap.
Parmi les autres revendications des employés, le paiement des salaires à temps «et non avec des retards qui dépassent parfois les deux mois», avance un gréviste. Les grévistes réclament aussi que tous les salariés, sans exception, soient déclarés à la CNSS et exigent une copie du contrat afin de pouvoir bénéficier d’une couverture sociale pour eux et leurs familles. «Nous déplorons aussi l’état délabré des véhicules et les abus de l’administration qui prélève les amendes sur le salaire des contrôleurs. Les mises à pied et prélèvements à l’encontre des chauffeurs et guichetiers chaque fois qu’un bus tombe en panne ne sont pas acceptables non plus», déclare un représentant des employés. Des accusations que Saïd Talbi, gérant de la société, réfute en bloc. Pour lui, l’administration de l’entreprise est en règle. De son avis, la «cause de cette grève ouverte est à chercher ailleurs» surtout après la réaction de Zetrap suite à la désignation par la wilaya d’un gestionnaire délégué du transport en commun dans le Grand Agadir, Alsa City en l’occurrence. En fait, les entreprises Zetrap et Gab (Grand Agadir Bus) ont fait opposition au dossier devant le tribunal car leurs contrats avec la Commune sont toujours en cours et aussi parce qu’elles n’ont pas été avisées. Dans ce contexte, Talbi ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à parler carrément de «vengeance» et de «manipulation». «Les représentants de l’autorité locale n’ont pas pris la peine d’intervenir pour disperser les manifestants et mettre fin à une situation qui commence à déborder. Ceci malgré les nombreuses plaintes déposées auprès de la wilaya, de la province d’Inezgane Ait Melloul ainsi qu’auprès du procureur du Roi», argue le responsable de Zetrap.
En attendant, chaque jour qui passe enregistre une grosse perte pour la société. Le manque à gagner par jour est l’équivalent de la recette quotidienne qui varie entre 180.000 et 240.000 DH. A noter que la zone d’activité du transporteur s’étend à Chtouka Ait Baha, Inezgane Ait Melloul et Agadir Ida Outannane.
Par ailleurs, les pertes en chiffre d’affaires pour la société Zetrap ne s’arrêtent pas là. En effet, l’entreprise est liée par contrat à différentes sociétés commerciales dont elle assure le transport du personnel. A titre d’exemple, 1.200 employés pour la société Belma, 900 pour Vanilli Denimar et 600 pour Copag. «Zetrap ne peut plus honorer ses contrats à cause du sit-in des grévistes qui empêchent ceux qui veulent travailler d’accéder à l’intérieur de l’enceinte. Par conséquent, elle sera appelée à dédommager les entreprises dont elle a perturbé le travail, un coup dur pour une société qui peine déjà à s’en sortir», souligne Said Talbi.
Rappelons que l’entreprise Zetrap assure aussi le transport scolaire de 70% d’élèves et étudiants universitaires à l’intérieur et à l’extérieur du Grand Agadir. La rentrée scolaire 2009/2010 risque donc d’être perturbée dans le Souss.

De notre correspondante,
Fatiha NAKHLI