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| Nouvelles maisons de ventes aux enchères |
| · Elles viennent d’ouvrir leurs portes à Tanger et Marrakech · Les œuvres d’art, de plus en plus prisées LE marché de l’art se porte bien. La preuve, c’est le nombre de galeries d’art qui voient le jour régulièrement dans les grandes villes. Le créneau des ventes aux enchères semble lui aussi attirer beaucoup d’investisseurs. Après Casablanca, où il existe déjà 4 maisons de ventes aux enchères, Tanger et Marrakech en ont également depuis peu. Tanger Auction, une société créée en septembre dernier, organise samedi prochain, à l’hôtel Movenpick de Tanger, sa première séance. C’est Omar Salhi et Alexis Mangez, tous les deux des passionnés d’art et de peinture, qui sont les fondateurs de la société. Omar Salhi est propriétaire d’une des plus anciennes galeries d’art de la ville, Medina Art Gallery, et Alexis Mangez est dans la communication et les affaires et a déjà dirigé deux sociétés en Tunisie et en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, les deux amis croient fort en leur projet et s’y investissent totalement. «Nous avons décidé d’ouvrir cette société à Tanger parce qu’elle représente à nos yeux la ville de l’art par excellence. Par son ambiance et sa lumière,Tanger a inspiré et continue d’inspirer de grands artistes, à la renommée internationale», nous a confié Alexis Mangez avec enthousiasme. Et d’ajouter, «nous souhaitons contribuer à la renaissance et au dynamisme du marché de l’art à Tanger». Pour cette première vente, quelque 137 lots seront proposés à la vente par le commissaire priseur Claude Boisgirard, propriétaire d’une maison de ventes aux enchères à Paris (Boisgirard et Associés). La plupart des lots sont des œuvres d’artistes marocains. «La peinture moderne marocaine est en train de prendre de l’ampleur et nous allons la mettre en avant», promet Alexis Mangez. Les fondateurs de Tanger Auction n’ont pas investi dans le local. Ils comptent loger leurs ventes à l’hôtel Movenpick et envisagent d’en organiser 4 par an, sachant que plusieurs mois sont nécessaires pour les préparer. Il faut trouver les tableaux, réaliser et publier les catalogues, communiquer auprès du public… A Marrakech, Rachid Jaâfari et Mustapha Maâroufi (respectivement artiste designer et ancien responsable en ressources humaines) ont fondé en juin dernier «British Home». Ces deux anciens marocains résidents en Grande-Bretagne ont déjà à leur actif trois ventes et la date de la prochaine séance est fixée au 7 mars prochain. Ils ont réalisé un investissement important de 6 millions de DH. Ils ont acquis et aménagé un local de 3.000 m2 sur la route de l’Ourika, à 17 km de la ville ocre. British Home comporte une salle de ventes, une salle d’exposition, une librairie, une bibliothèque et un café, où de jeunes artistes en herbe exposent bénévolement. Le 8 mars prochain, à l’occasion de la journée de la femme, les deux promoteurs vont inaugurer à British Home une galerie d’art. «Tous les dimanches, nous ouvrons notre jardin de 2.000 m2 de 8h du matin à 16h, à tous les amateurs d’art, qui peuvent venir vendre et acheter des œuvres d’art dans une ambiance conviviale», fait remarquer Mustapha Maâroufi, l’un des deux fondateurs. Et d’ajouter, «nous travaillons sur ce projet depuis une dizaine d’années. Notre objectif est de contribuer au développement du marché de l’art au Maroc». Jusqu’à présent, les ventes se déroulent relativement bien, mais beaucoup reste à faire. La salle des ventes de British Home peut accueillir jusqu’à 140 personnes, mais elle ne se remplit qu’à moitié. «Nous accueillons beaucoup de collectionneurs étrangers», indique encore Maâroufi, qui aimerait que les Marocains soient plus présents. Au Maroc, les maisons de ventes prélèvent des commissions relativement faibles par rapport à ce qui se pratique dans d’autres pays. Les commissions se situent entre 10 et 18% au Maroc alors qu’en France, elles varient entre 14 et 22% environ. «C’est l’occasion de faire de bonnes affaires. Contrairement à la Bourse où les cotations des valeurs peuvent chuter de moitié très rapidement, les cotations des œuvres d’art ne peuvent pas se déprécier avec le temps. Ce sont au contraire des valeurs sûres. Investir dans l’art est beaucoup moins risqué que de s’aventurer dans le marché boursier», soutient Alexis Mangez. Rappelons que le leader des maisons de ventes aux enchères est la CMOOA à Casablanca. Créée en 2002, elle a déjà à son actif 24 ventes. MemoArts, Eldon et Choukri Auctioneers et Mar Auction sont également présents sur le marché casablancais. Nadia BELKHAYAT |