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| Tourisme/Vision 2010 Les concurrents affûtent leurs armes |
| · Tunisie, Egypte, Turquie lorgnent de nouvelles parts de marché · Offre diversifiée, promotion et mise à niveau... la riposte SI la Vision 2010 est censée placer le Maroc à l’avant-garde de la sous-région en matière de politique du tourisme, il n’en demeure pas moins que la concurrence est plus que jamais impitoyable. C’est le cas notamment de la Tunisie, la Turquie, l’Egypte... qui concoctent aussi leurs stratégies. Un récent benchmark commandité par l’Observatoire montre les points communs des différentes politiques enclenchées dans ces 4 pays. Ainsi, ils parient tous sur la diversification de leurs produits, la mise à niveau des unités d’hébergement et le lancement de campagnes de promotion tous azimuts sur les principaux marchés émetteurs. Premier constat. Le Maroc (7,4 millions de touristes en 2007) possède certes des atouts stratégiques lui permettant de se différencier de la concurrence, notamment sa proximité avec l’Europe de l’Ouest, l’Open sky ou encore une démarche marketing qui a permis de consolider davantage la marque Maroc... Or, la Turquie et l’Egypte ont développé une stratégie concurrentielle ad hoc basée essentiellement sur le prix. Un argument de taille dans un contexte de crise mondiale. Désormais, c’est plutôt l’offre à bas coûts qui devrait faire la différence face à la pression sur le pouvoir d’achat du touriste. L’Egypte (11,1 millions de touristes en 2007) offre des prix hôteliers très compétitifs. Sa stratégie repose avant tout sur la diversification de ses produits associés aux sites archéologiques, le tourisme balnéaire (Charm Al Cheikh), les oasis, l’animation... Cette diversification de l’offre, qui s’articule autour notamment de l’aménagement de 500 km de côtes, devrait permettre d’atteindre les objectifs que le pays des Pharaons s’est fixé en termes d’arrivées, soit 16 millions à horizon 2016. Pour sa part, la Turquie (23,3 millions) talonne de près le Maroc dans la politique de libéralisation du ciel. Elle se positionne comme un concurrent direct en termes de transport aérien. La destination, qui s’ouvre aux compagnies aériennes étrangères, reste aussi très attractive pour son offre balnéaire, principalement auprès de la clientèle allemande, russe et britannique. La force de la Turquie réside aussi dans son positionnement aussi sur le moyen et haut de gamme. Le pays d’Attaturk a lancé un plan stratégique à l’horizon 2023. Ce dernier vise une diversification de l’offre (tourisme de niches et d’affaires, une préservation de l’environnement et une réhabilitation du parc hôtelier). Autre concurrent majeur du Maroc, la Tunisie (39e au rang mondial). L’atout essentiel de la Tunisie réside dans le tourisme balnéaire de masse, la qualité des ressources humaines et des infrastructures de transport et du tourisme. Au même titre que la Turquie, l’offre tunisienne (6,7 millions de touristes) repose essentiellement sur la diversification de ses produits avec une bonne dose de balnéaire. L’objectif est d’attirer une clientèle au pouvoir d’achat limité et sensible au pricing. En même temps, les pouvoirs publics favorisent le tourisme intérieur et de niches, avec notamment l’impulsion du thermalisme, le golf, désert, croisière... L’Etat tunisien vient d’ailleurs de débloquer un budget de 1,25 milliard d’euros au profit de près de 400 établissements hôteliers pour des besoins de mise à niveau. Les différentes politiques menées renseignent que la guerre commerciale sera exacerbée à partir de 2010 au sud de la Méditerranée. Les premiers signes de difficulté devraient, déjà, apparaître dès 2009. Pour tirer son épingle du jeu, le Maroc doit non seulement respecter ses engagements, mais en plus s’atteler à diversifier davantage son offre. Selon certains experts, la destination présente une forte dépendance vis-à-vis de l’Europe de l’Ouest. Elle gagnerait alors à cibler d’autres marchés européens de taille plus modeste comme la Suisse, l’Autriche et les Pays scandinaves. L’Algérie, les pays du Moyen-Orient et autres pays islamiques... se présentent comme des viviers de croissance. Mais le défi pour l’Office national marocain du tourisme (ONMT) en 2008-2009 est de fidéliser les touristes en provenance des marchés classiques. Il s’agit aussi d’avoir une connaissance plus fine de chaque segment de clientèle. La tendance est de répondre aux besoins de ce qui est communément appelé «Fully independant travelers», des touristes qui composent eux-mêmes leur séjour sans pour autant passer par les TO. Charge aux opérateurs de tirer les leçons des marchés matures pour s’adapter au mieux aux nouvelles tendances du secteur.
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