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| Bourse: Tout le directoire à virer! |
| · Le CDVM rend publiques les conclusions de son enquête · Tout sur la correction du 15 au 17 septembre · La baisse ne résulte ni de manipulation du marché ni de vente à découvert Les membres opérationnels du directoire de la Bourse à virer. Leur responsabilité a pleinement été engagée dans l’affaire de la diffusion d’informations non publiques, à travers le nouveau système informatique de la Bourse (installé en mars 2008). Le CDVM vient de rendre publiques les conclusions de son enquête sur la baisse du marché à la mi-septembre. Ayant été mal contrôlé au moment de la migration, le contenu des informations diffusées auprès de Boursomaroc, laquelle est mise hors de cause, ne l’a pas été plus de 6 mois après son installation. «Une carence collective grave», qui va sonner la fin du mandat de Fathallah Berrada, lequel ne cessait d’accuser la presse «de mélanger et confondre tout». Il n’est pas seul concerné, Haya Hynd Bouhia, directeur général, et Omar Idrissi Kaïtouni, secrétaire général et responsable informatique de la Bourse de Casablanca, sont également visés. Le CDVM conclut que «la baisse ne résulte ni d’une tentative de manipulation du marché, ni de pratique de vente à découvert». Pour lui, «elle a pu être engendrée par l’arrêt de certains programmes de rachat, la cession massive des positions des investisseurs étrangers, la «pollution des carnets d’ordres, l’annulation d’ordres en nombre, …» dus à la diffusion irrégulière des carnets d’ordres (les ordres d’achats et de ventes: les connaître à l’avance, mais indûment, permet de spéculer à coup sûr). A travers ses investigations, le gendarme de la Bourse a reconstitué les faits pour déterminer la liste des bénéficiaires des informations non publiques diffusées à travers Boursomaroc. «Le périmètre de diffusion comprend une dizaines de clients, principalement ceux ayant le statut de membre», indique le rapport, qui ne les nomme pas. Et d’ajouter, «l’analyse des transactions des clients de ce rediffuseur n’ont pas eu d’impact direct sur le marché». Et de là, les équipes de Dounia Taârji ont abouti à «l’absence de preuves» quant à «la tentative d’utilisation des informations non publiques à des fins commerciales par Boursomaroc». Aux yeux du CDVM, les termes du contrat qui lie la Bourse au rediffuseur étaient imprécis. Une analyse dont les lecteurs de L’Economiste avaient eu la primeur à travers les propos de Aomar Yder, président du conseil de surveillance de la Bourse, et Youssef Benkirane, président de l’APSB, (cf. www.leconomiste.com des 10 et 11 novembre). Le CDVM s’est également penché sur le cas des ventes à découvert. Après avoir contrôlé quelques centaines de transactions, il considère qu’elles sont marginales, de fait, «elles ne peuvent impacter le marché». Cependant, il a pu identifier 3 personnes physiques marocaines ayant eu recours à la vente à découvert. «Pour la première, il s’agit d’une erreur, les deux autres cas seront auditionnés ultérieurement». De plus, les contrôles ont permis de retrouver 4 ordres portant sur des quantités limitées et partiellement à découvert. Toutefois, «l’exécution partielle n’a donné lieu à aucun défaut de provisions», affirme le communiqué. Autre constatation, «le système informatique de Dar Tawfir bloque automatiquement toute opération de vente à découvert», souligne le gendarme de la Bourse. Rappelons que CFG group avait été accusé de «délit d’initié» et «d’avoir été pris la main dans le sac», par notre confrère Le Matin du Sahara. CFG avait dit qu’il porterait plainte, mais ne l’a pas encore fait, ce qui donnait du crédit aux informations de notre confrère. Enfin, les investigations du CDVM ont mis en lumière les opérations de ventes des brokers étrangers. Pour le Conseil, ces ordres de ventes étaient couverts par des provisions de titres. En dépit d’une visibilité réduite des comptes groupés de ces brokers, «il est certain que le risque d’inflation est très peu probable». En effet, la position de ces comptes couvre toutes les opérations réalisées. A travers ces décisions, le gendarme de la Bourse montre bien son indépendance. My Ahmed BELGHITI Ghali Sanhaji n’aura plus à se faire des cheveux blancs. Le jeune DG de Boursomaroc a été mis hors de cause de l’utilisation d’informations confidentielles, qui auraient abouti à la correction boursière des 15 et 16 septembre dernier. Pour rappel, les indices avaient alors subi de sévères corrections, d’autant plus inquiétantes que la communauté financière n’arrivait pas à en identifier les véritables causes. Les rumeurs avaient fusé: manipulations de cours, ventes à découvert… La responsabilité incombe donc, selon le CDVM, au directoire de la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca. Boursomaroc va-t-elle donc reprendre sereinement ses activités? Rien n’est moins sûr. Pour rappel, le contrat liant cette société à la Bourse de Casablanca a été résilié le 22 septembre dernier. Contacté par L’Economiste, Ghali Sanhaji a déclaré que «Boursomaroc va demander le rétablissement du contrat avec la Bourse. Nous sommes heureux que tout ait été officiellement éclairci». Cependant, une remise en marche de l’activité ne signifie pas forcément réhabilitation professionnelle. Sanhaji s’était attiré les foudres de la profession, qui avait soutenu mordicus la responsabilité du jeune entrepreneur. «Nous allons sûrement en pâtir commercialement», souligne le DG de Boursomaroc. Youssef Benkirane, président de l’Association professionnelle des sociétés de Bourse (APSB) a souligné, dans une interview exclusive à L’Economiste, que Sanhaji ne pouvait plaider l’ignorance de ses actes. Après parution des résultats de l’enquête du CDVM, Benkirane s’est gardé de tout commentaire, estimant que le conseil du gendarme de la Bourse «a tranché sur tous les points». Il s’est néanmoins déclaré «très heureux de voir que la correction boursière de septembre dernier n’a pas eu lieu suite à des manipulations de cours», avant d’ajouter qu’«en tant que professionnels, nous allons prendre les décisions qui s’imposent suite aux conclusions du CDVM». A. B. |