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| Emploi & Carrière Fissures dans le plan «10.000 ingénieurs» |
| · La répartition des budgets a été inégalitaire · Gros lot pour les écoles rattachées aux ministères techniques · Ouverture et partenariats pour contourner la contrainte budgétaire La réalisation des objectifs du plan «10.000 ingénieurs» autour duquel sont mobilisées les écoles d’ingénieurs et l’université, pourrait connaître des difficultés. En cause, l’inadéquation entre les objectifs assignés aux établissements et les moyens financiers. Il semble que les écoles rattachées aux ministères techniques (EHTP, INPT, etc.) auraient touché le gros lot, tandis que leurs homologues qui relèvent de l’Education nationale (et ce sont les plus nombreuses) auraient été lésées. Par crainte de représailles, aucun directeur d’établissement n’a accepté de parler ouvertement de ce que certains qualifient d’«injustice». La plupart des établissements ont cherché à contourner cette faiblesse de ressources «en mobilisant d’autres énergies», en multipliant les partenariats avec les entreprises, l’ouverture à l’international et en développant de nouvelles sources de revenu. Mais quelle que soit la volonté de se dépasser, ces établissements seront tôt ou tard rattrapés par la contrainte financière. Ce qui pourrait affecter la qualité de la formation, notamment dans les écoles d’ingénieurs où les travaux pratiques nécessitent des engagements financiers importants, ne serait-ce que pour l’acquisition et l’entretien du matériel. En première ligne dans le plan «10.000 ingénieurs», l’Ecole nationale supérieure d’électricité et de mécanique (Ensem) a su, grâce aux partenariats développés avec les entreprises, pallier le handicap dont souffrent ses consœurs de l’Education nationale. «Il ne faut pas se cacher derrière le budget, une école doit être gérée comme une entreprise où les responsables doivent trouver des financements externes en recourant à des opérateurs économiques», fait remarquer Janah Saadi, directeur de l’Ensem. L’école a élaboré des programmes de formation continue et des modules à la carte aux profits des entreprises (ONE, Valeo, OFPPT, Maghreb Steel). L’objectif est de diversifier les sources de financement, une partie des ressources étant affectée à la formation initiale. Les programmes de l’école ont été ajustés pour être en phase avec les besoins du marché. Ainsi 7 filières ont été créées: génie électronique et télécommunications, génie informatique, génie des systèmes automatiques industriels, construction mécanique et production intégrée, qualité maintenance sécurité industrielle, génie des systèmes mécaniques et génie des systèmes électriques. Le cursus, qui dure trois ans, comprend des stages obligatoires dans les entreprises: un mois à la fin de la première année (stage ouvrier) , deux à la fin de la deuxième année (stage technique), et six mois durant la troisième année avec l’obligation de soutenir un projet de fin d’études. Il est sanctionné par un diplôme d’ingénieur d’Etat. Les lauréats ont la possibilité d’intégrer divers secteurs allant de l’industrie (aéronautique, automobile), au service public (ministères, offices) en passant par les banques, les assurances, les services (Marsa Maroc…) ou les mines (OCP).
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