Premier ministre

Et si c’était l’option technocrate?
 
· Jettou, Benmoussa, Belfquih, Abouyoub…

· Des noms circulent déjà!


JUSQU’A quelle mesure l’option d’un Premier ministre technocrate reste probable dans la configuration actuelle? Théoriquement, la piste non partisane est écartée. Pour le moment, tout porte à croire que l’on s’éloigne de plus en plus du schéma de 2002, précise Mohamed Darif, politologue. A ses yeux, les circonstances et conditions de 2002 qui ont privilégié la nomination d’un technocrate ne sont plus réunies. Aujourd’hui, plusieurs indicateurs plaident en faveur d’un chef de l’Exécutif issu de la majorité: d’abord, s’il appartient au Souverain de désigner le Premier ministre, partisan ou non, il a cependant, dans son discours du 14 octobre 2005, affiché sa volonté de voir succéder à Driss Jettou, technocrate, un chef du gouvernement politique issu d’un des partis ayant eu la faveur des électeurs. Ensuite, de l’avis du politologue, le discours du 20 août a été bien clair: le Souverain y a exhorté l’électorat à faire un choix. C’est ce choix même qui l’engage dans la voie de la démocratie. En clair, la majorité, déduit l’universitaire.

· Le puzzle de l’exécutif


En plus de ces signes avant-coureurs, il y a aussi les engagements du Maroc devant la communauté internationale, un aggiornamento politique qui s’impose.
Mais l’opinion publique verse dans un autre discours qui lui n’écarte pas la piste des technocrates. L’on s’amuse même à composer et à recomposer à merci des gouvernements. D’ailleurs, dans l’une de ses dernières sorties, Saâd Eddine Othmani, SG du PJD, a précisé que sa formation ne voit aucun inconvénient à la nomination d’un technocrate. Une manière de couper l’herbe sous les pieds de la Koutla et aux ambitions du front démocratique scellé le 22 août. Ceci étant, la rue prévoit plusieurs scénarios: un gouvernement issu de cette nouvelle majorité qui serait présidé par l’actuel Premier ministre, mais où l’on ferait jouer plus les synergies et les interférences interdépartements. Certes, on reprendrait les mêmes, mais on leur confierait d’autres portefeuilles. Mais Jettou reconduit! Il se trouve que l’homme ne serait pas prêt pour une nouvelle expérience. Il préfère achever son mandat fort d’un bilan positif. Là encore, l’avis du politologue s’impose: «Ce scénario n’a pas lieu d’être, car le taux de participation, celui d’abstention et les autres bulletins nuls… émettent bien un message qu’il faut décoder. Celui de la désaffection envers le bilan de la majorité sortante».
Autre nom, autre scénario: Chakib Benmoussa à la Primature! Beaucoup voient dans l’éventuelle nomination de Benmoussa la reproduction d’un schéma qui a prévalu avec Jettou en 2002. «Injecter l’esprit d’un technocrate dans le moule de l’Intérieur pour une meilleur assimilation du cahier des charges de l’Administration avant de le réinjecter à la tête de l’Exécutif». D’autres vont encore plus loin dans les supputations. La dernière sortie de Fouad Ali Al Himma, à travers laquelle ce dernier a écarté la piste de sa nomination à la tête de la Primature, fait qu’un autre nom proche du sérail émerge: l’on parle de Meziane Belfquih, conseiller du Souverain, comme étant un homme de consensus qui est très proche de la vision et des orientations du Palais.
Enfin, dernier scénario: celui de la nomination de Hassan Abouyoub. Ancien ministre du Commerce et de l’Extérieur, puis à la tête du département de l’Agriculture, ambassadeur à Paris et amabassadeur itinérant, proche du pôle haraki, Abouyoub a tissé un réseau très influent. Il est considéré comme un négociateur redoutable. S’il n’est pas à la Primature, il serait, dit-on, même prêt à accepter la gestion d’un portefeuille dans un gouvernement dirigé par Laenser.

Amin RBOUB