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| "Al Himma n’est pas le Palais!" Entretien avec Aziz Rebbah, membre dirigeant du PJD |
| · La position du député de Rhamna «n’engage que lui» · «Une campagne anti-PJD...» · Les scénarios de coalition du PJD Juste après la sortie de Fouad Ali Al Himma sur 2M et sa position vis-à-vis du PJD, les dirigeants du parti d’El Othmani ont riposté. Ils ont exigé le prime-time, les mêmes conditions de diffusion pour faire valoir leur message. En revanche, le PJD estime que ce dossier est clos et ne veut pas polémiquer autour du sujet. · L’Economiste: Quels sont les contours des coalitions qui se profilent pour le PJD? - Aziz Rebbah: En principe, nous pouvons avoir des rapprochements avec des formations comme Al Badil Al Hadari ou encore le PRV (Parti Renaissance et Vertu). Mais pour les grandes coalitions qui permettent de dégager des pôles politiques, tous les scénarios restent possibles. Le premier scénario consiste à reconduire la majorité actuelle. Le deuxième pourra être avec la même coalition, mais avec le PJD et l’UC, et sans l’USFP et le PPS. Ce sera alors une coalition menée par un pôle conservateur réformiste avec l’Istiqlal, le MP, le RNI, le PJD et l’UC. De l’autre côté, nous aurons une opposition forte avec un pôle de gauche. Autre scénario, très peu probable: une opposition à deux vitesses menée par le PJD et l’USFP. A ce moment-là, il y aura une opposition très forte, une dynamique et une concurrence rude entre PJD et USFP. · Justement, El Othmani a fait une déclaration où il privilégiait la piste d’une forte opposition… - Pour le moment, on ne privilégie rien au PJD. Nous avons quatre paramètres. Primo, la nomination du Premier ministre. Secundo, quelles coalitions avec quels partis et sur quels compromis. Tertio, les priorités des programmes, et, enfin, l’offre que l’on proposera au PJD. C’est-à-dire la position qui reviendra au PJD au sein d’une coalition. C’est le conseil national du parti qui devra trancher à ce moment-là. · Est-ce que votre formation a déjà été approchée par l’Istiqlal? - Il faut dire qu’il y a jusque-là quelques messages. Mais des contacts ont déjà été pris par d’autres formations comme le MP, l’UC ou encore de façon informelle avec le RNI. · Il paraît qu’après le passage d’Al Himma sur 2M, le PJD allait saisir la Haca pour un droit de réponse… - En effet, nous comptions demander un droit de réponse, voire saisir la Haute autorité. Mais, finalement, c’est 2M qui est venue vers nous et nous a sollicité pour un passage le lendemain de la sortie d’Al Himma. Nous avons donc exigé le prime-time, les mêmes conditions et la même durée pour faire valoir notre message. · Quel a été ce message? - Nous voulions surtout nous adresser à tous ceux qui veulent minimiser les résultats du parti en leur rappelant que le PJD est la première force du pays en nombre de voix. En dépit de ce qui se raconte ça et là, le PJD a eu un score honorable et a avancé en termes de sièges. Sur les 46 sièges, nous avons 21 nouveaux parlementaires, soit près de la moitié des élus. A côté de cela, il y a eu le manque de neutralité de l’Administration, le recours à l’argent, un découpage qui a défavorisé le parti. Nous sommes en train de préparer des recours. · A propos de recours, vous avez déposé une plainte dans la circonscription de Rhamna où vous accusez les autorités d’implication? - Tout à fait. D’ailleurs, nous préparons un rapport et des recours dans ce sens et qui n’ont rien à voir avec Ali Al Himma. C’est une pratique tout à fait normale que nous menons à l’échelle nationale. · Contrairement à Al Himma, vous semblez plus nuancé dans vos propos… - Nous sommes déçus de voir un homme d’Etat adopter ce type de discours. Nous sommes entrés de plain-pied dans une nouvelle ère, de respect de l’autre et de ses opinions. Certes, nous pouvons avoir des différends, des accrochages, des divergences, mais rien ne justifie le dénigrement, la diffamation. Franchement, on ne s’attendait pas à avoir une telle campagne contre le PJD. · C’est pourtant le PJD qui semble avoir ouvert le bal en contestant sa candidature aux législatives… - Il n’y a pas de candidat sacré. Nous dénonçons des pratiques qui ne respectent pas les règles du jeu, quelle que soit la personne. C’est malheureux de voir qu’un commis d’Etat utilise les moyens publics pour attaquer le PJD. Pour l’heure, nous considérons au parti que ce dossier est clos. · Pourtant, la sortie d’Al Himma a envoyé des messages clairs: il est en faveur de la Koutla et de la majorité… - Nous respectons sa position. Mais ce n’est pas parce qu’il est un proche du Palais qu’il traduit la position de ce dernier. La position d’Al Himma n’engage que lui. Il a donc le droit de cautionner tel ou tel parti, telle ou telle autre majorité. Propos recueillis par Amin RBOUB |