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| Législatives 2007 Al Himma: «Je ne serai pas Premier ministre» |
| · Sortie surprise du député des Rhamna sur la deuxième chaîne · Anti-PJD! · «L’opposition des salons climatisés» stigmatisée Le suspense est levé. «Je ne serai pas Premier ministre(...). «Je n’ai pas d’agenda. Je travaille pour mon pays et pour mon roi d’un autre angle», a martelé lundi soir Fouad Ali Al Himma dans une émission spéciale qui lui a été consacrée (ndlr: à sa demande, a pris soin de préciser le commentateur) par la deuxième chaîne. Une démarche inhabituelle pour le député des Rhamna qui, aujourd’hui, n’a pas d’obligation de réserve. Al Himma ne manque pas au passage de lancer quelques petites «bombes». Et d’abord de préciser que «le chef de l’exécutif sera issu de la majorité» conformément aux recommandations royales à l’occasion du discours du Trône. Cette clarification pourrait conduire la classe politique à revoir ses calculs et ses hypothèses, sans l’inconnue Al Himma. Maintenant, «majorité» ne signifie pas nécessairement premier parti. Autrement dit, un Premier ministre non istiqlalien pourrait être de mise. A la veille des consultations royales avec les partis pour la nomination du chef de l’exécutif, les précisions d’Al Himma dégagent le ciel aux dirigeants de la majorité. Ils peuvent tranquillement aborder le processus de désignation du Premier ministre. Selon nos informations, ces consultations sont imminentes. Le souverain a écourté son programme à Khouribga à cet effet. Au-delà des messages adressés en vue des prochains arbitrages, l’ancien ministre délégué semble surtout s’être lancé publiquement dans l’arène politique. Le discours a été particulièrement musclé à l’égard du PJD. «Si le PJD est dans le gouvernement, je basculerai dans l’opposition. Si le parti de Saâdeddine El Othmani est dans l’opposition, je soutiendrai le gouvernement». Pour contrer les islamistes, Al Himma appelle aussi à réveiller «l’opposition des salons climatisés». Lui propose de descendre sur le terrain pour défendre haut et fort la modernité et le développement. D’ailleurs, ce travail méthodique de terrain, il l’a pratiqué dans la circonscription des Rhamna, «plus grande que le Qatar et la moitié du Liban». Sa démarche «pragmatique a mobilisé les citoyens, enregistrant ainsi un taux de participation élevé». C’est ce qui lui a permis de remporter les trois sièges que compte la circonscription. C’est une première. Au cours de l’émission, il livre la recette simple: développer l’écoute pour mieux saisir les enjeux. Comment continuer à ignorer la rupture entre l’élite et la population, s’interroge-t-il. «Je regrette que l’élite se trouve dans une rivière et le peuple dans une autre», dit-il, pour mieux schématiser le divorce et montrer l’ampleur du fossé qui sépare l’élite politique du reste des composantes de la société. Il est temps de revoir cette démarche pour investir le terrain pour changer le cours des choses. Selon Al Himma, «la majorité silencieuse, même pauvre ou analphabète, connaît la réalité de ses problèmes. Elle est capable de trouver les solutions adéquates». Elle peut être canalisée et intégrer un parti politique. «La société civile n’est pas en reste. Elle doit jouer son rôle et ne pas dépasser ses limites». Sur l’éventualité pour lui de créer un parti politique, Al Himma essuie ces hypothèses d’un revers de la main. «Il n’est pas Ahmed Réda Guedira, ancien ministre de l’Intérieur, qui a créé une formation politique (FDIC) dans les années 60». Et Al Himma de poursuivre: «il faut réduire les décodeurs et cesser de lire la réalité avec des lunettes du passé. Nous travaillons dans la clarté», lâche-t-il en substance. En d’autres termes, Ali Al Himma veut voir les partis politiques, particulièrement ceux de la majorité, renforcer leur base en encadrant le maximum de populations. Pour cela, il faut investir le terrain où les islamistes recrutent. M. C. |