Sahara: Le Collectif Société Civile prône une nouvelle approche
 
· 13 personnalités marocaines ont pris l'initiative audacieuse d'entamer un dialogue avec tous les intervenants dans l'affaire du Sahara, y compris le Polisario

De nouvelles idées commencent à émerger concernant le conflit du Sahara.
Des associations de la société civile, ainsi que des personnalités politiques et économiques marocaines prônent une nouvelle approche. C'est le cas du "Collectif Société Civile" qui a tenu une conférence de presse à Casablanca le 17 avril.
Le Collectif Société Civile est un organe qui se donne pour mission la résolution du conflit du Sahara "dans une optique de construction maghrébine". Ils sont 13 et ce n'est qu'un début, puisque d'autres acteurs de la société civile devraient bientôt les rejoindre.
Les idées défendues au sein du Collectif n'engagent que les adhérents. Ces derniers vont s'atteler à entamer un dialogue sincère, "ouvert" et "sans tabous ni lignes rouges" avec toutes les parties intéressées par la question: le Maroc, l'Algérie, l'Espagne, la France, les Etats-Unis et… le Polisario.
L'esprit de cette initiative est qu'il n'y ait "ni vainqueur, ni vaincu". En d'autres termes, les membres du Collectif rejettent l'idée d'organiser un référendum au Sahara, le résultat impliquant nécessairement l'insatisfaction de l'une des parties. Pour Abraham Serfaty, la solution du conflit au Sahara devrait être une première étape dans la construction du Maghreb arabe.
Le groupe des 13 a également désapprouvé la plainte déposée, il y a deux semaines à Béni Mellal, par l'association Le Sahara Marocain contre cinq hauts responsables du Polisario.
D'ailleurs, le collectif envisage d'organiser une conférence à Tanger à laquelle seront conviées tous les intervenants favorables au dialogue, même des représentants du Polisario.
Une initiative qui peut sembler trop audacieuse. Les promoteurs du projet sont pour la plupart des hommes d'affaires et qui ont plus ou moins approché le domaine associatif. Depuis le début du conflit au Sahara, l'Etat était le seul intervenant dans l'affaire. Les hommes politiques marocains se contentaient d'observer de loin les manoeuvres politiques et diplomatiques. La société civile s'empêchait même d'y regarder. Le rôle de la presse se résumait à la diffusion des communiqués officiels, sans aucun autre commentaire.
Certains observateurs se demandent donc, légitimement, comment le Collectif Société Civile peut prendre une telle initiative, laquelle pourrait même être interprétée comme antimarocaine. Certains se proposent de répondre à la place du Groupe des 13: "Leur projet pourrait être l'illustration d'un changement d'attitude politique".




Le Groupe des 13


Noureddine Ayouch; Anis Balafrej; Driss Ben Ali; Abdelali Benamour; Saâd Bendidi; Abderrahim Harouchi; Hamid Jouahri; Toufiq Kabbadj; Amina Lamrani; Mustapha Naïmi; Bachir Rachdi; Abraham Serfaty et Karim Zaz.

Abdelmohsin EL HASSOUNI