Economie

Sécurité maritime en Afrique: Temps d’arrêt pour coller aux exigences internationales

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5206 Le 09/02/2018 | Partager
1er angle d’attaque: Le besoin en ressources humaines qualifiées
Renforcement de la coopération et des compétences, la stratégie marocaine
Pendant que l’Association internationale de signalisation maritime change de statut
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Abdelkader Amara, ministre du Transport, a décliné les actions mises en place par le Maroc pour assurer une navigation maritime sûre au large de ses côtes (Ph. Mer et Marine)

«Le Maroc occupe le 16e rang sur l’échelle mondiale concernant la connectivité maritime. En effet, 95% des échanges commerciaux internationaux du Royaume empruntent la voie maritime» déclare le ministre de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, Abdelkader Amara.

Son allocution ouvre les travaux de la 2e pré-conférence diplomatique de l’Association internationale de signalisation maritime (AISM), tenue à Marrakech. Précédemment à ces 2 journées consacrées au changement de statut de cette organisation non gouvernementale vers le statut d’une organisation intergouvernementale, un séminaire a traité de la sécurité de la navigation en Afrique.

Une première rencontre de prise de conscience, qui colle à la stratégie définie dans le plan cadre 2017-2020 de l’Académie mondiale de l’AISM. Premier constat sur ce sujet: le besoin en ressources humaines qualifiées. Sur ce point, le secrétaire général de l’AISM, Francis Zachariae, a rappelé le rôle de l’association en termes de renforcement des compétences, évitant ainsi la duplication et la concurrence entre ses membres.

«La participation d’une centaine de conférenciers à ce séminaire démontre un intérêt inégalé pour la formation afin de combler les lacunes» se réjouit le doyen de l’Académie mondiale de l’AISM, Omar Frits Eriksson, ajoutant que «toute défaillance en matière de sécurité de la navigation maritime représente un danger imminent pour les marins et les voyageurs, et pourrait de ce fait, avoir un impact négatif sur les économies des pays concernés».

C’est ainsi que l’AISM confirme l’avancée d’un programme de formation des cadres, dont l’application se fera avec le concours des instituts marocains de formation, destiné à garantir une meilleure gestion de l’aide à la navigation maritime. Amara a profité de l’occasion pour rappeler les actions mises en place par le Maroc pour assurer une navigation maritime sûre au large de ses côtes.

Une sécurité assurée notamment par le centre de surveillance et de suivi du trafic maritime dans le Détroit de Gibraltar, ou à Bouznika où un centre de coordination du sauvetage maritime permet le déclenchement et la coordination des opérations de recherche et de sauvetage en mer pour toute la région nord-ouest de l’Afrique.

Autre mesure, un réseau national de 14 stations côtières AIS (identification automatique des navires), installées le long de ses côtes, avec une base de données exploitée pour le suivi des navires transportant des matières dangereuses. Enfin, le ministre rappelle le réseau de 200 phares et balises répartis le long des côtes marocaines, balisant l’ensemble des ports nationaux, et le dispositif dédié à la localisation et au suivi des navires de pêche opérant dans les zones marocaines, en plus d’un système de suivi des navires à grande distance.

Le paysage maritime du Maroc ainsi exposé, les travaux de l’AISM concernant son changement de statut ont pu démarrer. Rappelons que l’organisation, qui compte 84 états membres et qui bénéficie d’un statut consultatif de l’Organisation maritime internationale (OMI), oeuvre depuis sa création en 1956 à promouvoir la qualité du balisage maritime et à répondre aux attentes des usagers en matière d’aide à la navigation et du suivi du trafic maritime.

Ce changement de statut permettra alors de renforcer la contribution de ses états membres, d’octroyer à l’AISM la personne juridique de droit international, d’augmenter le niveau réglementaire des normes de l’association, et enfin de lui permettre la conclusion des accords internationaux.

Le Maroc, au carrefour des grandes routes

Le pays voit de belles opportunités internationales à saisir. En effet, 90% des échanges commerciaux mondiaux passent par la mer, alors que 7,5 milliards de tonnes de marchandises passent par les ports chaque année. Sans oublier la possibilité de capter 1,2 million de croisiéristes à l’horizon 2030 (450.000 actuellement). Sachant que le secteur est en perpétuelle mutation avec le développement de la conteneurisation et l’évolution rapide de la taille des navires, le Royaume doit profiter de son positionnement géostratégique au croisement des principales routes maritimes. Selon les hypothèses de la croissance économique marocaine du HCP, le volume de la demande devrait être multiplié par 3 à l’horizon 2030, avec 96 MT en 2011, 115 MT en 2014 pour atteindre 290 MT en 2030 selon l’hypothèse basse et 370 MT pour l’hypothèse haute.

De notre correspondante permanente, Stéphanie JACOB

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