Economie

Préscolaire La recette du Conseil supérieur

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5205 Le 08/02/2018 | Partager
Cette instance plaide pour une refonte globale du système actuel
La généralisation de l’accès obligatoire et équitable, une priorité
La réforme du cadre réglementaire, décisive pour unifier les interventions dans ce secteur
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La mise en œuvre du nouveau modèle de formation dans le préscolaire sera chapeautée par le ministère de l’Education, afin de garantir la cohérence des actions des différentes parties prenantes. Les établissements feront l’objet d’un suivi et d’une évaluation. Les plus performants seront dotés d’un label de qualité (Ph. Bziouat) (Les visages ont été modifiés)

«C’est un levier essentiel pour la réussite de la réforme du système éducatif». Le constat de Noureddine Afaya, membre du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation est sans appel. La mise à niveau du secteur de l’enseignement au Maroc doit commencer par la base. Aujourd’hui, un avis du Conseil présidé par Omar Azzimane, réalisé dans le cadre d’une auto-saisine, appelle à «la généralisation progressive de l’accès obligatoire à l’enseignement préscolaire, dans un délai de 10 ans».

Aujourd’hui, plus de 56% des enfants en âge de scolarité ne sont pas inscrits dans un établissement préscolaire. C’est dans ce sens que cet avis du Conseil appelle à «une refonte globale du système actuel, permettant un accès de tous les enfants à partir de 4 ans, sans aucune discrimination», a expliqué Afaya. L’instauration du caractère obligatoire de ce cycle concerne l’Etat, mais aussi les familles, selon cet avis. Les collectivités territoriales sont aussi appelées à s’impliquer dans cette dynamique.

La mise en place de cette réforme nécessite une véritable volonté politique. Surtout qu’il s’agit d’une «cause nationale, qui doit dépasser les différences idéologiques et les changements des contextes politiques», a-t-il souligné. Concrètement, le modèle proposé par le Conseil supérieur ambitionne de «renforcer les capacités des élèves et favoriser leur maintien au sein des écoles». La déperdition est l’un des principaux maux dont souffre le système éducatif au Maroc.

Toutefois, la réussite de cette réforme passe par la mise en place d’un cadre référentiel national, évitant la multiplicité des approches utilisées actuellement dans l’enseignement préscolaire. Cela permettra de définir les objectifs du modèle pédagogique. C’est ce qui favorisera une «meilleure exploitation des acquis linguistiques et culturels des élèves».

Durant cette phase de l’enseignement préscolaire, cet avis appelle à utiliser les deux langues, arabe et française, en mettant l’accent particulièrement sur la communication verbale. L’idée est aussi d’instaurer une réglementation unifiée, assurant la cohérence des interventions des différentes parties prenantes. C’est le ministère de l’Education nationale qui devra chapeauter ce système, afin «de garantir une vision unifiée et une cohérence des relations avec les autres départements».

A terme, l’objectif est de «doter les élèves des compétences permettant leur intégration et leur assurant une meilleure capacité d’apprentissage». Globalement, la nouvelle vision du Conseil plaide pour «un modèle ciblant les élèves en tant qu’acteurs dans les activités éducatives et non pas de simples consommateurs». Les aspects pédagogiques et organisationnels devront aussi «prendre en compte les spécificités de cette période, notamment en termes d’évolution intellectuelle, psychique et physique des élèves».

Au niveau des enseignants, le Conseil supérieur propose une mise à niveau du modèle de formation. La qualité de l’enseignement est l’un des leviers essentiels de cette vision. Cela devra passer par l’introduction d’un référentiel des métiers de l’éducation, de la formation et de la gestion dans le préscolaire.

Le suivi de la qualité devra porter sur tous les aspects et les différents intervenants. Cela concerne la construction des établissements, leur équipement, le contenu pédagogique, la formation, la gouvernance… Les écoles performantes seront dotées d’un label de qualité.

Quid du financement

L’avis du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation est on ne peut plus clair. Le financement de l’enseignement préscolaire relève de la responsabilité de l’Etat. «Une part doit être réservée annuellement à ce secteur dans le budget général», est-il indiqué. Parallèlement, cette institution appelle à concevoir un modèle économique, sur le court terme, favorisant une mise en œuvre efficace du nouveau système éducatif. Les collectivités territoriales seront aussi mises à contribution, notamment en mettant en place «des mécanismes permettant une implication progressive de ces collectivités dans les efforts de généralisation du préscolaire et de réalisation des infrastructures et leur entretien».

 

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