Economie

Ciment: Le marché peine à retrouver la croissance

Par Nadia DREF | Edition N°:5177 Le 27/12/2017 | Partager
Les professionnels s’attendent à un recul jusqu’à 3% en 2017
Pour pallier cette baisse, les industriels réduisent à 67% leur régime de production
Pour 2018, la commande publique pourrait booster les ventes du béton prêt à l’emploi

Temps durs pour les professionnels des matériaux de construction. Les opérateurs sont dans l’expectative. C’est le cas des cimentiers qui restent suspendus au comportement du marché durant décembre. Ce mois-ci a été marqué par des arrêts de chantiers durant la fête de l’Aid Mawlid et suite aux dernières précipitations.

Déjà, les professionnels s’accordent à dire que 2017 sera encore une fois une année négative. Les prévisions restent pessimistes tablant sur un recul qui peut aller jusqu’à -3%, cumulant ainsi la 6e baisse annuelle consécutive. Ceci s’explique par la baisse des mises en chantier, que ce soit dans le social ou encore l’auto-construction qui absorbe 40% de la consommation nationale.

Le retard de lancement de projets des travaux publics suite au retard de constitution du nouveau gouvernement pénalise également le secteur. C’est dire que l’évolution des ventes de ciment demeure fortement corrélée au secteur du BTP (infrastructure et bâtiment) qui est en berne. Pour 2018, les industriels affichent plus d’optimisme.

«La relance de la commande publique pourrait augmenter la consommation du ciment et du béton prêt à l’emploi», confie Ahmed Bouhaouli, directeur délégué de l’Association professionnelle du ciment (APC). Le béton devra être porté par les grands chantiers d’infrastructures annoncés par Abdelkader Aamara, ministre de l’Equipement, lors de l’ouverture de la 5e édition du BTP Expo.

Des marchés de 42 milliards de DH sont à prendre dans les travaux publics en 2018, ce qui donne une meilleure visibilité aux opérateurs BTP. Du côté de l’immobilier, aucune relance n’est attendue, à moins d’un retour de la demande! Pour l’heure, la baisse de la demande sur les logements sociaux dont les stocks d’invendus augmentent ainsi que l’absence de nouveau produit dédié à la classe moyenne inquiètent encore les industriels. Et ce, malgré la hausse de 4,1% à fin octobre 2017 enregistrée par l’encours des crédits alloués au lieu de + 2,7% un an auparavant.

Pour faire face à cette baisse de la consommation, les cimentiers ont baissé leur régime de production à 67% de leurs capacités. Toute usine disposant de deux fours a dû en arrêter un pour minimiser les coûts. Ces industriels ont également augmenté sensiblement leurs exportations de clinker pour pallier une conjoncture de marché moins favorable.

Ce sont surtout les entreprises disposant de filiales à l’étranger (Afrique) qui en profitent le plus. Afin d’encourager les exportations du ciment et du clinker, les cimenteries se sont vu accorder le régime économique du Drawback, permettant de récupérer la TIC versée sur les combustibles.

Pour rappel, cette tendance baissière était attendue par les opérateurs. En attestent les prévisions 2017 publiées en début d’année. Dans son rapport d’activité 2016, le management de Ciment du Maroc était clair: «Nous n’anticipons que très peu de changements dans la dynamique de marché».

Et d’ajouter: «Sachant que la surcapacité de production prédomine, nous poursuivrons notre stratégie axée sur l’efficience industrielle avec l’intégration de nouveaux chantiers tels que le management de la logistique et l’augmentation des volumes de clinker exportés, la réduction de l’impact du rebond des prix du coke de pétrole en augmentant la part des combustibles de substitution».

                                                                     

Malgré l’embellie de novembre, le cumul baisse

A la grande surprise des entreprises, les ventes de ciment durant le mois de novembre dernier ont grimpé de 5,19%, s’établissant à 1,27 million de tonnes. Cette embellie a permis de maintenir le cumul à -2,85%. C’est ce qui ressort des statistiques publiées par l’APC. Une hausse significative de la consommation a concerné les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (17,18%), Rabat-Salé-Kénitra (16,25%), Marrakech-Safi (13,79%) et Casablanca (3,38%).

En revanche, une baisse a été observée au niveau de la consommation du préfabriqué durant le mois précédent, passant de 106.084 tonnes en novembre 2016 à 98.456 tonnes. En revanche, le négoce a gagné de nouvelles parts de marché. Il a totalisé 869.363 tonnes au cours de novembre dernier contre 844.745 tonnes durant le même mois un an auparavant. Le béton prêt à l’emploi a vu sa consommation augmenter également (202.640 tonnes contre 161.329 tonnes en 2016).

Au niveau du cumul, la tendance baissière se confirme pour 8 régions sur 12. Casablanca-Settat arrive toujours en tête avec des écoulements qui ont absorbé 2,8 millions de tonnes, en recul de 4,5% par rapport à fin novembre 2016. Elle est suivie par Rabat-Salé-Kénitra qui, a contrario, a vu ses ventes de ciment grimper de 3,6% pour s’établir à 1,68 million de tonnes.

Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, quant à elle, a vu fléchir les volumes de ciment vendus, au cours des onze premier mois de l’année, de 3,6%, cumulant 1,63 million de tonnes. Marrakech-Safi a, pour sa part, absorbé moins de ciment, au cours de cette période. Les ventes ont reculé de 4,1% totalisant 1,59 million de tonnes.

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