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Anticancéreux: Sothema bouscule le marché avec les biosimilaires

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5161 Le 05/12/2017 | Partager
Le groupe table sur une réduction de près de 30% du prix actuel
Objectif: alléger les prix du traitement à base de biotechnologie

Bientôt les patients marocains atteints de cancer auront des traitements bien moins coûteux. Actuellement, les médicaments pour le traitement des cancers sont vendus entre 5.000 et 10.000 DH/boîte, selon le dosage. Le traitement étant assez long, la prise en charge du patient atteint des sommes importantes.

Dans ce contexte, le laboratoire Sothema compte alléger la facture du traitement. «Nos médicaments coûteront au minimum 30% moins cher que le prix actuel du marché», fait valoir Lamia Tazi, DG de Sothema.
Les produits de biotechnologie sont assez rares, parce qu’ils nécessitent un investissement lourd. Leur fabrication a mobilisé un investissement de 67,9 millions de DH. A terme, ce montant devra atteindre plus de 250 millions de DH (repartis en 3 phases). Par ailleurs, le projet bénéficiera d’une subvention du ministère de l’Industrie et du Commerce dans le cadre du Plan d’accélération industrielle avec la mise en place d’écosystèmes. Les biosimilaires seront produits dans l’une des 6 unités spécialisées du groupe.

La technologie diffère de celle des médicaments chimiques. Elle est une fusion entre biologie et technologie. C’est dans ce contexte que le laboratoire a signé, en 2016, une convention de partenariat et de transfert de technologie avec Biocad, une société russe. Le Bevacizumab est indiqué dans le traitement de plusieurs cancers (le sein, le col de l’utérus, l’ovaire…), tandis que le Rituximab intervient dans le traitement de lymphomes et leucémies.

Son marché a deux débouchés: le privé (composé des cliniques et pharmacies) ainsi que le public à travers les appels d’offres du ministère de la Santé, qui passe commande pour les hôpitaux et organismes publics. «Nous participerons aux futurs appels d’offres», annonce le management. Et d’ajouter: «Les produits vont bientôt être lancés sur le marché. L’autorisation de mise sur le marché (AMM) a été donnée.

Le prix étant fixé par le ministère de la Santé, nous attendons la fin de la procédure administrative». Fait marquant: la tutelle a joué un rôle positif dans le cadre de la procédure d’obtention de l’AMM. Une année a suffi. «Les dossiers ont été déposés en 2016 et  nous l’avons obtenue en 2017», indique le management. Rappelons que le temps d’obtention de l’autorisation de mise sur le marché a plusieurs fois été pointé du doigt par des  laboratoires qui l’estiment long.

Le cancer est aujourd’hui un fléau mondial. L’OMS estime que le nombre de cas va doubler entre 2000 et 2020 et presque tripler à l’horizon 2030. Au Maroc, le nombre de cancéreux et de patients pris en charge est passé de 21.957 en 2009 à 200.000 en 2016. Toutefois, le pays enregistre 30.000 à 40.000 nouveaux cas chaque année.

Depuis une dizaine d’années, Sothema s’est ouvert à l’international en ciblant le marché de l’Afrique de l’Ouest. A travers sa filiale implantée au Sénégal (West Afric Pharma), le laboratoire s’est lancé dans la fabrication de produits de première nécessité destinés aux pays subsahariens.

Dans le cadre de ce partenariat avec le russe Biocad, d’autres pays d’Afrique subsaharienne francophone sont ciblés. «Nous avons démarré l’enregistrement de nos produits en Afrique de l’Ouest. Nous devrions obtenir les autorisations en 2018», annonce Tazi.

 Carte de visite

Crée par Omar Tazi, il y a une quarantaine d’années, le laboratoire Sothema revendique 8,1% de part du marché marocain pour un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de DH en 2016, avec près de 1.200 collaborateurs, 300 produits commercialisés sur le territoire marocain et une cinquantaine à l’export.
En 2016, le groupe a commercialisé plus de 60 millions d’unités conditionnées. Environ 70% de son chiffre d’affaires est issu des produits fabriqués sur le marché local.

 

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