International

Zone euro: Le retour de la croissance bénéficiera au Maroc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5145 Le 10/11/2017 | Partager
2,2% en 2017 et 2,1% en 2018, Bruxelles relève ses prévisions
Premier pronostic pour 2019: 1,9%
Investissement, emplois, diminution du déficit et de la dette…
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Confiante dans la robustesse de la reprise économique malgré les incertitudes liées au Brexit, la Commission européenne a nettement rehaussé ses prévisions de croissance en zone euro pour 2017 et 2018. A cela s’ajoutent une accalmie sur le front du chômage et des perspectives d'inflation modérée

«Après cinq années d'une reprise modérée, la croissance européenne est entrée dans une phase d'accélération. Les bonnes nouvelles s'accumulent… ». Les propos sont de Pierre Moscovici, Commissaire européen pour les affaires économiques et financières, la fiscalité et les douanes. Ils font référence aux nouvelles prévisions économiques de l'automne 2017 que Bruxelles à publiées jeudi 9 novembre.

L'économie de la zone euro est en bonne voie pour croître cette année à son rythme le plus rapide depuis dix ans, la croissance du PIB réel devant atteindre 2,2%. Ce chiffre est nettement plus élevé que celui annoncé au printemps (1,7%). Avec une croissance de 2,3%, l'économie de l'ensemble de l'UE devrait, elle aussi, dépasser largement les prévisions (qui étaient de 1,9% au printemps).

Pour 2018 et 2019, il faudrait s’attendre à une poursuite de la croissance tant dans la zone euro que dans l'UE, à un rythme de 2,1% et de 1,9%. La reprise économique chez les principaux partenaires du Maroc aura un impact positif sur l’économie marocaine. Elle peut être ressentie à plusieurs niveaux que ce soit sur la demande étrangère adressée au Maroc, les recettes touristiques, les transferts des MRE ou encore les flux d’investissements étrangers.

■ L'investissement se redresse: Résilience de la consommation privée, renforcement de la croissance mondiale et recul du chômage… sont autant de facteurs positifs. Le redémarrage de l'investissement bénéficie de conditions de financement favorables et d'un climat économique beaucoup plus serein. Tous les Etats membres connaissent actuellement une phase d'expansion économique et voient la situation de leur marché du travail s'améliorer, mais les salaires ne progressent que lentement.

■ Le chômage continue de diminuer: La création d'emplois est soutenue et la situation sur le marché du travail devrait bénéficier du dynamisme de la demande intérieure, qui tire la croissance, ainsi que de la modération salariale et des réformes structurelles mises en oeuvre dans certains Etats. Dans la zone euro, le taux de chômage devrait s'établir à 9,1% en moyenne, son niveau le plus bas depuis 2009. Il devrait continuer à baisser au cours des deux prochaines années, pour atteindre 8,5% en 2018 et 7,9% en 2019. Quant au taux de chômage de l'UE, il devrait s'établir à 7,8% en 2017, à 7,3% en 2018 et à 7% en 2019. D'après les estimations, la création d'emplois ralentira à mesure que les incitations fiscales temporaires seront abandonnées dans certains pays et que des pénuries de compétences apparaîtront dans d'autres.

■ Les finances publiques se portent bien: Les Etats membres de la zone euro devraient voir leur situation budgétaire s'améliorer plus nettement que prévu au printemps, principalement grâce à la reprise de la croissance. Le solde nominal des administrations publiques devrait s'améliorer dans la quasi-totalité des pays. Dans l'hypothèse de politiques inchangées, le taux de déficit public de la zone euro devrait tomber à 0,8% en 2019 (à comparer aux chiffres de 1,1% pour 2017 et de 0,9% pour 2018), tandis que le taux d'endettement devrait baisser à 85,2% (2017: 89,3%, 2018: 87,2%).
■ Les risques: Les principaux risques sont extérieurs et liés aux fortes tensions géopolitiques (par exemple, dans la péninsule coréenne), à l'éventualité d'un resserrement des conditions financières à l'échelle mondiale ou encore à l'ajustement de l'économie chinoise et à l'expansion du protectionnisme. Dans l'Union européenne, les risques à la baisse sont liés aux négociations sur le Brexit et à leurs résultats, ainsi qu'à la forte appréciation de l'euro et à l'augmentation des taux d'intérêt à long terme.

L’effet du Brexit

Pour 2017, la Commission européenne a réduit ses prévisions de croissance pour le Royaume-Uni, tablant sur 1,5%, contre +1,8% en mai. Pour 2018, sa prévision reste inchangée: +1,3% et elle table sur 1,1% en 2019 (une hypothèse car les négociations sur le Brexit ne sont pas encore achevées). Justement, le sixième round de négociation entre le Royaume-Uni et l'UE s'est tenu jeudi 9 novembre au siège de la Commission européenne à Bruxelles. Les Européens ont prévenu qu’il faudrait un accord de principe d'ici la fin du mois sur les termes de leur divorce pour ouvrir rapidement les tractations commerciales réclamées par Londres.

 

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