Economie

L’Afrique, sujet vedette des MEDays

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5144 Le 09/11/2017 | Partager
Plus de 200 milliards de dollars d’exportations, en majorité des hydrocarbures
Le continent veut unifier ses attentes et modifier sa notoriété perçue auprès de l’UE
Le vieillissement du Nord offre aussi des opportunités

A quelques semaines du 5e sommet UE-Afrique, les rangs semblent bien dispersés de ce côté-ci de la Méditerranée. Si l’Europe a clairement affiché ses ambitions, il y a quelques mois déjà en présentant sa feuille de route concernant ses relations avec l’Afrique, le continent n’est pas aussi bien avancé.

Les attentes africaines, si elles existent ne sont pas bien définies ni présentées surtout, affirme Mankeur Ndiaye, ancien Ministre des Affaires étrangères du Sénégal qui intervenait lors d’un workshop organisé en marge de la dixième édition des MEDays à Tanger. Ce qui est sûr, côté africain, c’est que l’on s’attend à un partenariat d’un genre nouveau, en rupture avec les pratiques du passé, selon Diouncounda Traoré, ancien Président du Mali.

«Le monde a nettement changé depuis le premier round UE-Afrique à Abidjan et le continent aspire à des relations plus développées avec son voisin du Nord», affirme l’ancien Chef d’Etat. Malgré les potentialités importantes qu’affiche l’Afrique, ses relations avancent moins vite que celles de la Chine avec le vieux continent, se plaint Traoré.

En matière économique, les exportations africaines vers l’Europe dépassent en moyenne les 200 milliards de dollars US, mais aux trois-quarts elles sont constituées de matières premières, essentiellement des hydrocarbures, ce qui fait dire à l’ancien Président du Mali que «l’Europe continue de considérer l’Afrique comme un réservoir à matières premières».

Les regards croisés diffèrent aussi. Si au sud, on peut apercevoir un continent dynamique qui ne cesse de croître avec des taux dignes des dragons de l’Asie, l’Europe donne l’impression d’être un continent qui se replie. Et pour cause, la pression migratoire et surtout la question de la sécurité donnent l’impression d’être devenues les vrais axes des relations internationales à plus forte raison dans celle des deux continents séparés par un bras de mer.

Un autre aspect lié est celui de la démographie. Le vieillissement de la population au Nord et les taux de fécondité négatifs de certains pays sont contrebalancés par ceux nettement positifs des pays d’Afrique. Le continent avec près de 1,2 milliard d’habitants affiche en moyenne 4,7 enfants par femme, contre une moyenne mondiale de 2,5. L’Afrique est caractérisée aussi par la jeunesse de cette population, 41% ayant moins de 15 ans.

«Dans les prochaines années, ce sont pas moins de 350 millions de jeunes qui deviendront des candidats potentiels à l’émigration vers le Nord», avertit Mahmoud Jibril El Warfalli, ancien Premier Ministre de la Libye. Mais avant de pouvoir aller de l’avant, il faut savoir ce que chaque partie attend de l’autre.

«Souvent dans les discussions avec l’Afrique, on donne l’impression de tourner en rond. Nous avons beaucoup de difficultés à descendre sur terre», se plaint de son côté Dacian Ciolos, ancien Premier Ministre de la Roumanie. «Il faut être pragmatique et définir de manière concrète ses attentes afin de savoir sur quelle base négocier. «Les fonds sont là, mais il faut définir comment les investir», continue ce dernier.

Parmi les idées concrètes lancées, celle d’El Warfalli qui propose la mise en place d’un fonds de développement pour l’Afrique. Son originalité réside dans son financement qui se base sur la mise en place d’un ticket d’entrée et qui ciblerait toute entreprise voulant investir dans le jeune continent.

Le Maroc 1er investisseur

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Cette maxime s’applique à l’Afrique où le Maroc est l’un des premiers bailleurs de fonds. Il est d’ailleurs, avec un milliard de dollars, le premier investisseur en Afrique de l’Ouest, selon Brahim Fassi Fihri, président de l’Institut Amadeus, initiateur des MEDays. Pour lui, il s’agit d’une mise sur les potentialités du continent et sur ses atouts. Le Maroc s’est nettement tourné vers ce continent d’où il puise ses racines. Le Maroc a d’ailleurs dernièrement entamé un retour par la grande porte aux instances africaines, en particulier l’Union africaine.

 

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