Dossier Spécial

Marche Verte/Investissements: La CGEM mobilise 6 milliards de DH

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5141 Le 03/11/2017 | Partager
Des projets qui permettent de créer plus de 13.000 emplois
Le patronat a convaincu l’américain McDonald’s d’ouvrir à Laâyoune
Rareté des zones industrielles et des compétences techniques… les principales contraintes
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 «Le forum d’investissement a intéressé de nouveaux investisseurs, y compris les locaux, tous secteurs confondus, désireux d’opérer dans la région et d’être accompagnés dans leurs démarches», a expliqué Miriem Bensalah-Chaqroun, présidente de la CGEM (Ph. CGEM)

- L’Economiste: La CGEM a organisé le Forum de l’investissement en mars 2015 à Laâyoune. Qu’est-ce qui a été réalisé depuis?
- Miriem Bensalah-Chaqroun:
Nous avons fait du développement économique et social sur le terrain dans une optique territoriale, même si cela n’est pas notre vocation première. Cette initiative provient d’une démarche de la CGEM mûrement réfléchie et visant à dynamiser des bassins d’activité économique pour créer de la valeur ajoutée locale et des emplois dans nos provinces sahariennes. Elle a commencé, en 2013, avec la création de la CGEM-Sud, regroupant les régions sahariennes Laâyoune-Sakia El Hamra, Dakhla-Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun. Ensuite, en 2014, nous avons réalisé une monographie de ces régions pour déterminer le potentiel  économique.
Partant de ces constats, des opportunités existantes en matière d’investissement et des besoins en produits et services, nous avons lancé une initiative de mobilisation des investissements et de création d’emplois au profit de ces 3 régions. Pour pouvoir accompagner ces investisseurs, nous nous sommes associés au ministère de l’Intérieur et aux autorités locales afin de fluidifier les démarches administratives, dans le cadre d’un PPP que nous estimons exemplaire.
Le forum organisé à Laâyoune, le 28 mars 2015, représente l’aboutissement de 6 mois de travail, qui ont permis de mobiliser les opérateurs économiques de plusieurs régions du Royaume autour de 57 projets représentant un investissement global de 6 milliards de DH et plus de 10.000 emplois.
Cette initiative conjointe dont le principal objectif a été l’accompagnement de la structuration du tissu économique de ces régions autour d’écosystèmes d’affaires dynamiques a fait depuis cette date, l’objet d’un suivi consciencieux par la confédération. A cet effet, la CGEM a mis en place une cellule spécialisée en gestion PMO, projet management office. Elle a eu recours également aux services d’un cabinet spécialisé pour l’accompagnement des investisseurs dans leurs démarches et a assuré l’interface avec les autorités locales quand cela était nécessaire.
 
- Quels sont les secteurs concernés? Aviez-vous une démarche sélective des projets d’investissements?
- Non, absolument pas. Je précise que toute cette démarche a été basée sur une approche volontaire. Tous les opérateurs qui nous ont accompagnés l’ont fait de façon réfléchie. Cela nous a permis d’exiger de ces opérateurs, une obligation de résultats. Nous avons essayé d’être les plus inclusifs pour créer une dynamique régionale. Nous avons, à ce titre, entrepris un road show initialement du forum d’investissement auprès de plusieurs entrepreneurs. Les secteurs d’activité concernés sont l’agro-industrie, l’énergie, l’industrie, l’immobilier, le tourisme, les services, le transport, le commerce et la distribution. Notons, à juste titre, que la réalisation des projets émane de la volonté intrinsèque des entrepreneurs mais également du travail collaboratif des autorités locales, notamment les walis, les CRI et le communes urbaines.
 

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Le programme prévisionnel arrêté lors du Forum de l’investissement en mars 2015 a été largement dépassé. En effet, la concrétisation de projets représente 103% des objectifs annoncés, soit 6,184 milliards de DH et mobilise 126% des objectifs d’emplois annoncés, soit 13.109 emplois

- Quel bilan pour cette opération de grande envergure?
- Si je devais parler sur le plan de la symbolique, et même si ce n’est pas le plus important des projets, il suffirait de dire que nous avons convaincu l’enseigne américaine McDonald’s d’ouvrir à Laâyoune. Il s’agit d’un événement phare. Nous avons accompagné les promoteurs de l’enseigne dans tout le processus, et notamment les négociations avec les autorités locales et dans la recherche d’un foncier adapté.
Plus globalement, le bilan de cette initiative a montré qu’une réelle dynamique d’investissement a été créée dans ces régions. Celle-ci s’est matérialisée par la concrétisation de projets représentant 103% des objectifs annoncés, soit 6,184 milliards de DH et devant mobiliser des emplois représentant 126% des objectifs annoncés, soit 13.109 emplois. Cette initiative a intéressé de nouveaux investisseurs, y compris les locaux, tous secteurs confondus, désireux d’opérer dans la région et d’être accompagnés dans leurs démarches.
 
- Quelles sont les contraintes rencontrées par les investisseurs?
- Quelques contraintes ont retardé les investisseurs dans leurs démarches d’investissement dans les régions du Sud. Il s’agit en l’occurrence de la disponibilité du foncier, particulièrement les zones industrielles qui ne sont pas encore aménagées, la rareté des compétences techniques sur place pour les besoins des industries, ou encore le manque de puissance énergétique ou de débit d’eau potable dans certaines localités.
Consciente de ces problématiques, la CGEM a entrepris des séances de travail avec les autorités compétentes pour en atténuer l’impact. Dans ce sens, nous pouvons citer, quelques relocalisations de projets dans des zones mieux desservies, ou encore les conventions signées pour la formation des jeunes ainsi que la mise à niveau des professionnels opérant dans les provinces du Sud.

Accords et partenariats

«La CGEM Région Sud est structurée de façon à être la plus proche des entreprises, afin d’être à leur écoute et de répondre à leurs besoins», souligne Miriem Bensalah-Chaqroun. A l’instar des autres structures, la CGEM Sud a un président élu, qui est lui-même assisté par trois vice-présidents, chacun représentant une région et par un bureau composé de délégués de chaque sous-région. Physiquement, la CGEM-Région Sud compte deux sièges, l’un à Laâyoune et l’autre à Dakhla. Par ailleurs, afin de mieux servir le tissu entrepreneurial, plusieurs conventions et accords de collaboration et partenariat ont été signés avec les principaux acteurs publics et privés au niveau des trois régions. Citons à titre d’exemple, la participation de la CGEM Région au Comité régional de l’environnement des affaires ainsi que sa contribution aux Plans de développement régionaux.

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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