Régions

Sebta: La frontière toujours bloquée

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5140 Le 02/11/2017 | Partager
Les autorités espagnoles suspendent l’entrée des véhicules de commerçants
Les voies trop étroites de la ville ne peuvent plus absorber une telle densité de trafic
Réaménagement du trafic et parking dédié aux commerçants en projet
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La situation demeure inchangée à Bab Sebta avec un passage de la frontière de plus en plus difficile et encombré pour les véhicules (Ph. Ceuta Actualidad)

Le transit au niveau de la frontière de Bab Sebta n’a connu aucune amélioration significative. Les files d’attente, surtout au niveau du passage de véhicules, continuent d’être aussi chaotiques qu’avant et pendant l’été. Selon plusieurs témoins, le passage des véhicules est strictement limité par la police espagnole au niveau de la frontière n’autorisant que les voitures privées.

Celles des commerçants transfrontaliers, baptisées par les Espagnols «pateras», sont strictement interdites et refoulées, ce qui crée un blocage au niveau de la frontière. Une décision que les autorités espagnoles ont prise en raison de la densité du trafic et de l’étroitesse des avenues et boulevards à Sebta, arguant qu’un surplus de véhicules obstrue la circulation et ralentit le trafic.

Les porteuses et porteurs de colis, plus singulièrement qualifiés de «mulets», continuent eux d’y accéder. Mais à fonds perdus ces derniers temps, en raison de la fermeture momentanée de «Madraba», espace commercial mitoyen à la frontière et dédié quasi exclusivement au commerce avec le Maroc.

Un arrêt dû à la mésentente entre les commerçants de la Madraba et la ville qui se renvoient la balle quant au paiement de la facture de la sécurité privée qui y a été mise en place depuis que la police l’a désertée en février dernier. Ces atermoiements ont conduit à une baisse substantielle du commerce entre le nord du Maroc et la ville de Sebta, avec une forte inflation des prix des produits «importés».

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Si certains produits demeurent introuvables, d’autres comme le chocolat, beurre, jus ou autres traditionnellement se font de plus en plus rares avec des augmentations de prix de 5 à 10%. Bon nombre de détaillants répercutent l’augmentation des prix de gros ou évitent même de proposer certains produits comme le beurre ou le thon, devenus si chers qu’ils en seraient invendables.

Tant que les différends à la frontière n’auront pas été réglés, cette situation pourrait persister. Pour l’heure, du côté espagnol, on estime qu’un retour à la normale devrait avoir lieu dès que les plans de restructuration du passage frontalier seront entamés et finalisés. La ville de Sebta compte mettre en place un parking supplémentaire (encore un autre!) spécialement dédié aux «véhicules pateras» afin de désengorger le trafic. Les autorités espagnoles prévoient aussi un plan pour le réaménagement de la circulation afin d’isoler ces hordes de véhicules de commerçant, du trafic normal en ville, et d’éviter les blocages.

Entre-temps, l’idée de n’autoriser l’accès à Sebta qu’aux porteurs d’un visa Schengen, au lieu de la situation actuelle qui exclut de cette formalité les habitants de Tétouan et des préfectures environnantes, continue de faire son chemin. Pour Sebta, il s’agit de limiter le nombre de visiteurs et de lui permettre de retrouver la normalité surtout dans les périodes de grande affluence.

De notre correspondant,
Ali ABJIOU

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