Entreprises

Moulat el kheir: La pomme de terre solidaire

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5140 Le 02/11/2017 | Partager
Un projet d’économie solidaire dans la région de Berrechid
Une initiative sous l’œil vigilant du Pr Muhammad Yunus
muhammad-yunus-040.gif

Le Pr Muhammad Yunus sera membre du Comité stratégique et conseiller éthique du projet «Moulat el kheir» (Ph. DR)

C’est le Professeur Muhammad Yunus en personne qui est venu «bénir» le projet «Moulat el kheir». Le prix Nobel de la paix, fondateur du micro-crédit et grand défenseur de l’économie sociale, était présent à Casablanca pour le lancement d’un partenariat entre l’entreprise canadienne McCain et trois acteurs marocains de l’agroalimentaire que sont Agropros (production et distribution de semences), Label’Vie (grande distribution) et Yozifood (distribution de produits de la mer et, pommes de terre auprès des professionnels), sous le modèle de «social business», inventé par le Pr Yunus lui-même. Il s’agit d’un concept d’entreprise, utilisant les profits de cette dernière pour produire une valeur ajoutée sociale auprès de la communauté dans laquelle elle se situe.

L’entreprise ne reverse aucun dividende, elle réinvestit ses profits dans son social business. Et c’est ce modèle donc, dont le Pr.Yunus sera membre du Comité stratégique et conseiller éthique, qu’ont choisi ces entreprises pour le projet basé à Berrechid et qui vise le développement social de tout un écosystème rural via la mise en place d’une filière de pomme de terre inclusive.

«Je suis venu pour des actions concrètes et le projet d’aujourd’hui est un exemple concret d’économie sociale qui pourra être un exemple pour le continent africain», a déclaré l’économiste bangladais. Il s’agit en fait de l’adaptation d’un projet qui a été initié par l’entreprise McCain, d’abord en Colombie, puis en France et en Belgique, avant d’atterrir au Maroc, «mais avec un business plan adapté et mieux étudié», prévient Yunus.

Il s’agit concrètement du lancement d’une nouvelle variété de pommes de terre, destinée en même temps à la cuisson des frites et des autres plats classiques tels que le tajine, préviennent les promoteurs du projet. Mais au-delà de la qualité de la variété, c’est le business model déployé qui est intéressant. Ainsi, 15 familles des plus démunies bénéficieront de ce projet dans sa première étape dont 10 femmes qui travailleront dans les ateliers de transformation.

Les salaires des ouvriers agricoles sélectionnés seront supérieurs au salaire minimum agricole garanti au Maroc et bénéficieront  tous de formations spécifiques et d’une couverture sociale. Les ouvriers seront en charge de la production de pommes de terre (900 tonnes prévues la première année), grâce à la supervision de McCain et Agropros. Une partie de cette production sera vendue dans 10 magasins Label’Vie.

Une autre partie de cette production sera transformée en frites fraîches dans une petite unité de production qui emploiera uniquement des femmes démunies du village afin de renforcer leurs compétences et leur autonomisation. Ces frites seront vendues aux restaurants par le partenaire Yozifood. Enfin l’ensemble des bénéfices des ventes de pommes de terre chez Lable’Vie et des frites par Yozifood permettront de financer des programmes d’éducation pour les enfants de la communauté et surtout les petites filles, souvent déscolarisées jeunes.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc