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Des véhicules partagés en libre-service

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
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Mi-octobre 2017, Mohamed Mrani Alaoui lance à Casablanca un concept inédit de véhicules partagés, accessibles en libre-service 24h/24 7j/7, via sa startup Carmine (Ph. Carmine)

C’est un service inédit au Maroc qui vient d’être lancé à la mi-octobre: des voitures en libre-service, à l’heure ou à la journée, accessibles 24h/24 7j/7, et inclus dans le prix le stationnement, le carburant et l’assurance. Cette alternative de propriété de voiture est signée par la startup Carmine.
 

A formule est dans l’ère du temps. Des voitures en libre-service, à l’heure ou à la journée, accessibles 24h/24 7j/7, et inclus dans le prix le stationnement, le carburant et l’assurance. Ce package, une première au Maroc, est l’offre de la startup Carmine à Casablanca. Un service particulièrement attendu dans la capitale économique, qui subit un trafic grandissant et anarchique. Si le Vélib a fait son apparition dans le Royaume, c’est au tour de la voiture d’entrer en scène. Cette société, créée en 2014, s’est fait la main en lançant un projet pilote en juillet 2015. «Une période pendant laquelle nous avons pris en maturité», déclare le DG et fondateur Mohamed Mrani Alaoui.

Tester la tarification, définir les emplacements de parking via un partenariat avec la ville, personnaliser la technologie, connaître les besoins… tout un tas d’étapes obligatoires lorsqu’une startup présente un nouveau produit sur le marché. «Les gens avaient tendance à penser qu’un tel concept ne pouvait pas fonctionner au Maroc, confortés par le temps que nous avons pris pour nous lancer. Mais il s’agissait de mettre cette période pilote au profit de l’efficacité de ce nouveau service. Et puis, le plus difficile a été de trouver des financements. J’ai commencé seul avec mes propres économies, alors nous nous sommes mis en mode tortue pour survivre le temps de trouver des investisseurs», poursuit-il.

C’est chose faite depuis que l’ancien ministre des Transports, Karim Ghellab, s’est lancé dans l’aventure en tant qu’associé, par le biais de son fonds d’investissement Massir Invest. Un gage qui permet le lancement effectif de Carmine à la mi-octobre 2017. «Nous avions eu d’autres pistes avant, mais avec notre business capitalistique, lorsqu’un investisseur fait une proposition, c’est généralement un montage entre le fonds de roulement, qu’il finance, les sociétés de leasing qui, elles, financent les véhicules, et la banque en charge de ce qui va être consommé en actifs. Aligner ces trois interlocuteurs est très difficile».

Alors aujourd’hui, la startup peut se consacrer à ses ambitions. Pour jauger la qualité du service, il faut se baser sur un effectif de 40 membres par véhicule partagé, ce qui fait, pour 120 véhicules ambitionnés sur 4 ans, 3.600 membres. Du côté des tarifs, il faut compter à partir de 30 DH de l’heure, plus 1 DH le km avec des formules d’abonnement entre 290 DH pour le trimestre et 890 DH pour l’année, carburant, assurance et stationnement inclus.

«Faire attention sur la route»

La culture Carmine n’est pas de se limiter à la simple mise à disposition de véhicules. Certains sujets interpellent le fondateur personnellement. Participer à l’amélioration des réflexes de conduite en est un. Grâce à la technologie installée dans le véhicule, toutes les informations liées à la conduite de la personne, que ce soit les accélérations ou décélérations, les virages, la vitesse… sont enregistrées. Quand le véhicule roule à 80 km/h sur une route limitée à 60, la société reçoit une alerte. Ces données, qui restent confidentielles, sont alors transformées en notes. Un client, qui a moins de 7 sur 10, a un délai pour se refaire s’il veut rester membre. A l’inverse, ceux qui dépassent la note de 9 bénéficient d’avantages commerciaux. «C’est notre manière d’inciter à faire attention sur la route», précise le DG.

Formé à l’actuariat à Montréal, puis à San Francisco, Mrani Alaoui s’est toujours vu entrepreneur. Cette idée, il l’a eue en rentrant au Maroc. «Je n’avais pas de voiture en arrivant à Casablanca. Comme je revenais d’Amérique du Nord, où ce service est répandu, et que rien n’existait ici dans ce sens, je me suis lancé». La clientèle intéressée par cette formule réunit des jeunes actifs comme lui, des personnes en transit, des familles ou des sociétés qui ont un besoin ponctuel d’un premier ou d’un deuxième véhicule, et des universitaires. Un service d’auto-partage qui colle parfaitement avec une économie collaborative, de plus en plus étendue partout dans le monde.

 

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