Economie

Campagne agricole: Le gouvernement met la pression sur les céréaliers

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5134 Le 25/10/2017 | Partager
Taxé à 30%, le blé tendre importé coûtera moins cher que la production locale
Les professionnels craignent de se retrouver avec des stocks d’invendus

Le gouvernement vient de fixer le droit d’importation du blé tendre à 30% alors que le prix de référence de la même céréale produite localement s’élève à 270 DH le quintal. A partir du 1er décembre, le nouveau tarif douanier sera applicable au lieu de 135% actuellement en vigueur. 

Selon de nombreux professionnels, ce niveau de taxation à l’import  permettrait l’acquisition du blé tendre  entre 230 et 245 DH le quintal. Le différentiel s’avère donc de taille pour dissuader les minotiers de s’approvisionner auprès des collecteurs et autres organismes de stockage.

Surtout que la céréale d’importation «est de meilleure qualité et comporte  moins d’impuretés, ce qui en réduit sensiblement les coûts d’écrasement», relève un meunier. D’autant plus que les cours à l’international restent orientés à la baisse.

Incertitudes sur les conditions climatiques

La décision intervient alors que la campagne céréalière 2016-2017 s’est soldée par une production record: 96 millions de quintaux dont la moitié de blé tendre (voir également article page 2). Les opérateurs craignent de se retrouver avec des stocks d’invendus.

«C’est la 4e meilleure production enregistrée depuis le lancement du Plan Maroc Vert», s’est félicité Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture à l’occasion du lancement de l’actuelle campagne. A ses yeux, la précédente s’est caractérisée dans l’ensemble par l’importance et la régularité des précipitations (334 mm), avec une augmentation de 50% par rapport à la saison 2015-2016  et une baisse de 14% par rapport à une année normale.

Aujourd’hui, les incertitudes pèsent encore sur les conditions climatiques qui vont prévaloir dans les mois à venir. Aussi est-il légitime de se demander si l’abaissement des droits d’importation cible-t-il la reconstitution des stocks de sécurité dans la perspective d’une année sèche? Quitte à mettre en difficulté les organismes stockeurs et quelques minotiers qui se sont approvisionnés en blé tendre local.

Pour les professionnels, c’est le flou total en l’absence de concertation et surtout d’information. A leurs yeux, aucune évaluation de l’état des stocks aussi bien des blés d’import que de ceux issus de la production nationale n’est disponible. Les seules données communiquées à ce jour concernent la production de la campagne 2016-2017.

Celles-ci font état d’une production de blé tendre de 49 millions de quintaux. Elle dépasse de plus de 60% la production d’une campagne moyenne et de 163% celle de la campagne 2015-2016 qui avait enregistré un volume  de 18,6 millions de quintaux. Or, généralement, la collecte, au prix garanti, porte sur la moitié de la récolte. Ce qui représente 25 millions de quintaux ou la moitié des écrasements des minoteries industrielles.

 

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