Culture

Festival de Fès de la culture soufie: Se réapproprier les valeurs de l’Islam

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5126 Le 13/10/2017 | Partager
Coup d’envoi ce week-end d’une semaine de spiritualité
Chants, réflexions, et enseignements au menu de la 10e édition
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Pour sa 10e édition, le festival de Fès de la culture soufie favorisera les rencontres et les mélanges, et sera l’humus sur lequel seront produites des œuvres littéraires, poétiques, artistiques, philosophiques. «C’est à ce voyage qui est à la fois géographique, culturel et symbolique», qu’invitent ses organisateurs (Ph YSA)

Se réapproprier la civilisation de l’Islam, la spiritualité et le soufisme et prôner les valeurs d’ouverture, de tolérance et d’acceptation de l’autre. Tel est l’engagement du festival de la culture soufie, dont la 10e édition s’ouvre ce week-end à Fès.

«Les Marocains ont bien intériorisé depuis l’avènement de l’Islam, que l’essence de la religion consiste à purifier l’âme humaine de l’égoïsme, de la haine et de l’extrémisme, en se conformant aux bonnes mœurs et en s’élevant au-dessus des tentations qui avilissent le cœur et l’intelligence à travers la retenue et le contrôle de soi, dans une quête du couronnement spirituel connu sous le terme de «Soufisme». (...)

Dans le monde d’aujourd’hui, l’Humanité a surtout besoin de faire prévaloir les valeurs de tolérance, de solidarité, d’altruisme et de rejet des égoïsmes les plus farouches», disait le Souverain dans un message adressé aux intervenants de la 1re rencontre internationale de Sidi Chiker des affiliés du soufisme. Et c’est dans cet esprit que l’Association du festival de Fès de la culture soufie intervient.

Celle-ci a pour but de diffuser et de mettre en valeur la richesse du patrimoine spirituel et culturel du soufisme au Maroc et à travers le monde, dans ses expressions artistiques, intellectuelles et sociales. «Nous cherchons à indiquer l’importance motrice et vivifiante de ce capital culturel immatériel dans tout processus de développement global ou «civilisationnel»», exprime son président Faouzi Skali. La civilisation de l’Islam a pris plusieurs colorations, d’abord en épousant différents «terroirs» culturels, ainsi que par ses rencontres avec d’autres religions et spiritualités.

Cette même trame culturelle et spirituelle du Soufisme fut sans doute à l’origine de la symbiose particulière entre les trois traditions abrahamiques. Cette heureuse union fut celle de l’Andalousie, qui, pendant près de 8 siècles, a transmis une part importante de son patrimoine au Maghreb, et plus particulièrement au Maroc, dont la culture actuelle porte encore les traces de cet héritage. Ainsi, la nouvelle édition du festival promet de faire revivre et redécouvrir cette époque, à travers les multiples facettes du soufisme. L’événement est initié en partenariat avec le groupe Eco-Médias et l’Association Fès-Saïss.

Pour Moulay Idriss Alaoui Mdaghri, son président, «le chemin de la foi en Dieu que propose la religion, celui de la méditation que proposent certaines traditions asiatiques et celui de la quête individuelle que propose la philosophie, partent de la même expérience qui est celle de notre perplexité en tant qu’humains face aux questions que nous pose notre existence sur cette terre et face à notre finitude». «Suis-je un soufi qui s’ignore? C’est fort possible.

En tout cas, si l’amour divin est au cœur de la voie de la sagesse qui est celle des soufis, l’amour est pour moi toujours divin et c’est en cela que j’écoute avec reconnaissance la parole de certains mystiques et qu’il me plaît de saluer ici cette 10e édition du festival de la culture soufie qui se tient à Fès», conclut Alaoui Mdaghri.

Programme du 1er week-end

Riche programme pour l’ouverture de ce 10e festival de la culture soufie. Le coup d’envoi sera donné samedi 14 octobre à 16 heures, à la médersa Bouananiya. Au menu de ce coup d’envoi figure une table ronde sous le thème «le Soufisme et le paradigme andalou». Les réflexions seront suivies par un moment artistique puis, à 20h30min, une rencontre originale entre Farida Parveen et l’ensemble des chants du Samâa de Fès (Direction artistique, Abdellah Ouazzani). Sous l’intitulé «Hommage à Al Shustari; soufi de l’Amour divin, du Maroc vers l’Inde», ce spectacle sera donné au parc Jnan Sbil. Pour la 2e journée du festival, les débats seront focalisés sur  «Rûmi, Attar et Ibn Arabi: les racines spirituelles de la civilisation de l’Islam» et «La spiritualité comme art de vivre». Le concert de la soirée invite l’ensemble Al Firdaus de Grenade, avec la participation d’Ihsane Rmiki.

 

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