Analyse

Automobile: L’intégration et le sourcing en hausse

Par Amin RBOUB | Edition N°:5118 Le 03/10/2017 | Partager
Renault a atteint les 50% dans son usine de Tanger, selon Elalamy
Elle devrait atteindre les 65% et un sourcing de 2 milliards d’euros dès 2020
Peugeot vise les 65% dès le démarrage de son usine de Kénitra, 85% à terme
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 Un chiffre d’affaires export en accélération pour le secteur automobile. Les opérateurs sont confiants et espèrent pouvoir atteindre les 110 milliards de DH d’ici 2020, en avance sur le calendrier prévu

Moulay Hafid Elalamy affichait fière mine devant un parterre de cadres marocains installés en Allemagne, le week-end dernier à Tanger. Le ministre du Commerce et de l'Industrie a, en effet, défendu, lors de la 3e édition du Forum des compétences marocaines en Allemagne, les potentialités de l'industrie marocaine, principalement celles du secteur automobile dont les scores sont très encourageants. «En plus d’avoir réussi à attirer deux constructeurs de taille mondiale comme Renault et PSA, le Maroc est en train de gagner, enfin, la bataille de l’intégration, un chantier qui lui échappait jusqu’à maintenant», souligne le ministre.

Juste avant le lancement de l’usine Renault de Tanger, ce taux avoisinait les 28%, et aujourd'hui il s'établit à 50% au sein de cette unité industrielle qui vient de fêter son millionième véhicule produit en juillet dernier. Elle représente aussi 12% du volume global de la marque au losange.

Mais Etat et constructeur ne comptent pas s’arrêter en cours de route. Selon l’écosystème constructeur dont le premier du genre a été signé avec Renault en 2016, le taux d’intégration atteindra les 65% d’ici 2020, ce qui pourrait même se concrétiser avant cette date.

L’accord prévoit aussi un flux d’achats au Maroc. A l’horizon 2020, le montant global du ‘sourcing’ devrait atteindre les 2 milliards d’euros (soit environ 22 milliards de DH) d’achats effectués par les usines du groupe. A aujourd’hui, le montant a atteint le milliard d’euros. En plus des fournisseurs de 1er et 2e niveau de Renault qui exportent une partie des composants fabriqués vers les autres usines en Europe ou ailleurs, le constructeur optimise ses installations en exportant aussi une partie des pièces fabriquées dans l’usine de Tanger. Cette dernière dispose d’un important département d’emboutissage qui fournit la Somaca et aussi plusieurs sites de montage aux quatre coins du monde.

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Les pièces finales après emboutissage. Il s’agit d’une opération qui s'effectue en plusieurs fois pour former sans rupture ni casse la tôle d’acier. Un métier qui n’existait pas avant au Maroc et qui a permis d’augmenter le taux d’intégration locale (Ph. Adam)

Pour PSA, dont l’usine devra entrer en service courant 2019, les attentes en matière de taux d’intégration sont plus grandes. Le constructeur de Sochaux affichera, selon Elalamy un taux de 65% dès le démarrage de l’usine, ce qui explique l’accélération que connaît le mouvement d’installation des équipementiers travaillant avec ce constructeur. A terme, ce taux devrait atteindre les 85%, avec l’entrée en service de l’unité de fabrication de moteurs que prévoit PSA, «des niveaux que même des pays comme l’Allemagne n’atteignent pas», nuance sans fausse modestie Elalamy.

Au niveau du sourcing, même schéma pour PSA qui s’est engagé dans le cadre de son propre écosystème sur un milliard d'euros à l’horizon 2023, dont 600 millions sont d’ores et déjà une réalité. A noter que le secteur automobile connaît une nette accélération qui a étonné plus d’un, même au sein du gouvernement. Les prévisions qui tablaient sur un volume d’affaires de 100 milliards de DH pour le secteur automobile dès l’an 2020 n’ont cessé d’être revues et ce chiffre risque bien d’être atteint avant l’heure.

Les écosystèmes, une recette gagnante

Sept écosystèmes ont été lancés dans le secteur automobile à ce jour, dans le cadre du déploiement du Plan d’accélération industrielle. Ils concernent les filières automobiles de: «câblage automobile», «intérieur véhicule & sièges», «métal/emboutissage», «batteries automobiles», «moteurs et transmission» et deux écosystèmes constructeurs, à savoir Renault et PSA Peugeot. D’autres devraient être lancés incessamment afin d’accompagner le développement du secteur. L’un des plus importants est le câblage qui prévoit d’atteindre les 26,7 milliards de DH de CA en 2020 avec 70.000 emplois.

 

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